Huis Clos

14 Sep

afc2-prolongation

Je dois vous avouer que, de Sartre, j’avais une image un peu poussiéreuse. Datant du jour où j’avais été mise au défi de dépasser la page 20 de « qu’est-ce que la littérature ? » (défi relevé haut la main puisque j’étais parvenue à la page 21 paragraphe 2, l’essentiel est de gagner, pas de gagner avec les honneurs). Et pourtant, découvrant le pitch de Huis Clos, je n’ai même pas frémi. Trois personnages condamnés par leur mort à être colocataires pour l’éternité, se découvrant, se toisant, tentant de s’amadouer quand ils ne s’affrontent pas, essayant surtout de découvrir pourquoi ils sont là, l’aventure était séduisante. Et qui plus est portée par la sympathique troupe des Boss’Kapok, dont j’avais déjà pu découvrir le travail à deux occasions.

C’est donc sans appréhension que je me suis rendue pour bien commencer le week-end au Laurette Théâtre, petite salle d’à peine 50 places du quartier République, condamnée finalement pour mon plus grand bonheur au premier rang par ma tendance prononcée de presque retardataire chronique (comprenez que j’arrive entre 1 et 5 minutes avant l’heure fatidique, mais tout de même avant, il faut le souligner).

A peine installé, le public se trouve donc nez à nez avec un croque-mort sans doute adepte de la nuit des morts-vivants et de la revanche des zombies 1 à 4 au maquillage très réussi, faisant rentrer un à un les trois nominés (non, nous ne sommes pas à la télévision, pas de vote par sms donc) dans leur dernière demeur, composée de trois fauteuils aux ressorts défoncés et poussiéreux au possible (il fallait tout de même bien à un moment que le côté poussiéreux de l’auteur ressorte). Un homme à l’air placide, une femme rebelle et une séductrice.

Sous une apparence des plus classiques, ils vont peu à peu se révéler sous un visage aussi noir que la tête de leur taulier est pâle. S’alliant deux à deux pour mieux se retourner les uns contre les autres, jouant de douceur ou de sensualité pour mieux faire éclore leur violence ou leur machiavélisme, et se dévoilant malgré eux dans les moments de trêve. Et il faut saluer ici la performance des trois comédiens, qui ne sont avares ni de leurs émotions ni de leur énergie physique (avec une mention spéciale à Maud Vincent qui doit finir avec quelques bleus), leur générosité contribuant bien plus que le texte à la réussite de ce moment (et je vous promets que je ne dis pas ça pour le champagne servi pour fêter cette première représentation de l’année, qui marque aussi la troisième saison du spectacle).

Si l’enfer, c’est les autres, je serais personnellement ravie de revivre ces 75 minutes de huis clos si bien entourée.

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