Rencontre et calendrier

30 Oct

Il m’arrive de temps à autre de parler ici de l’amour et de ses déboires, et de constater que cela suscite en vous qui vous aventurez sur ces pages plus d’intérêt que le conflit actuel au Yémen ou la remilitarisation de la frontière orientale de la Pologne pour ne prendre que les nouvelles d’aujourd’hui. Oui, je reconnais que je viens de vous plomber un peu l’ambiance mais il m’arrive aussi de m’intéresser à des choses éminemment sérieuses et importantes entre un coup de gueule sur le métro parisien et un taillage de costard en bonne et due forme aux parasites en tous genres qui envahissent nos journées.

Après donc cette brève introduction géopolitique, j’en reviens sans transition bien pensée à ce qui fait sans conteste parler depuis des siècles et pour encore quelques millénaires sans doute (amis de l’environnement, on a dit que la parenthèse sérieuse était terminée, merci de vous abstenir de toute récrimination sur le réchauffement de la planète). Il est donc temps de parler de ce lien entre ces deux êtres si imparfaits et si affreux (ce n’est pas de moi, c’est de Musset, rien à voir avec Musso) et plus précisément du moment où ce lien se crée, à savoir la rencontre.

On dit en effet que l’amour naît lorsque l’on rencontre la bonne personne au bon moment. Nous allons ici partir de l’hypothèse que la bonne personne est celle qui va être complémentaire de celui ou celle qui la rencontre et que les deux vont avancer ensemble sur leur chemin. Et que le bon moment est celui où l’on a du temps disponible et que l’on n’a pas le cerveau polarisé par moult préoccupations négatives. Ces définitions sont brèves et réductrices mais ont le mérite d’être compréhensibles. Sur cette base, examinons les différents cas qui peuvent se présenter.

Diapositive1   Cas numéro 1 : la bonne personne au bon moment

Il est assez banal et consensuel de dire que cette situation est idéale. Deux personnes qui en faisant connaissance, se découvrent des affinités et une compatibilité fortes, ne traînant pas le poids des valises de leur passé derrière elle vont logiquement faire fructifier la rencontre. Surtout si elles vivent dans une relative proximité l’une de l’autre (par proximité, j’entends une distance plus courte que celle qui sépare Ouagadougou de Bakou) et n’ont pas des parents malades pour l’autre et une activité professionnelle l’occupant 70 heures par semaine pour l’autre. Si vous vous situez un jour dans un tel cas, n’hésitez pas à profiter de tous ces facteurs favorables pour vous rapprocher de l’autre et lui témoigner votre intérêt pour son humour ravageur / charmant petit bourrelet / connaissance de l’histoire des gnous depuis les origines du monde, et passer le maximum de temps avec lui ou elle. Le reste vous appartient, on ne veut pas le savoir.

Diapositive2

Cas numéro 2 : la bonne personne au mauvais moment

De même qu’ « il n’y a plus de saisons mon bon monsieur / ma bonne dame », parfois il arrive que deux individus soient attirés l’un par l’autre pile au moment où l’un des deux doit s’en aller pour six mois à Tashkent (ce qui est une idée un peu farfelue, mais il y a quand même 2,7 millions d’habitants dans cette ville, donc potentiellement des raisons d’aller y passer six mois). Bien que l’on puisse arguer que six mois à l’échelle d’une vie, ce n’est pas grand chose, si l’on resitue ce délai dans le cadre d’une histoire d’amour naissante, cela est beaucoup plus considérable. Et que les 11h de vol minimum depuis la France ne font pas de la capitale ouzbèkhe une destination de week-end très accessible. Sur un tout autre plan, le fait d’être encore englué dans les décombres de sa précédente histoire, ou, en beaucoup plus joyeux, pris par 2 à 3 projets passionnants mais chronophages, sont également des obstacles à ne pas négliger. Cet obstacle du timing est contournable si et seulement si (quel bonheur que d’employer cette expression rappelant les traumas des cours de maths au lycée) celui qui introduit la contrainte joue cartes sur table en déclarant que sa flamme est bien présente mais qu’il va falloir attendre qu’il remette du butane dans le zippo. En étant précis sur le temps que cela lui prendra pour aller chercher ledit liquide. Tout un chacun est capable de patience pour peu que celle-ci soit justifiée.

Diapositive3

Cas numéro 3 : la mauvaise personne au bon moment

Vous voilà donc revenu(e) de vos pérégrinations au fin fond de la Sibérie orientale, débarrassé(e) de vos chagrins d’amour non digérés, sans chantiers à mener à bien et tout à fait serein(e) par rapport à votre vie. En d’autres termes, toutes les conditions sont réunies pour rencontrer votre moitié d’orange, et être en couple est d’ailleurs à peu près la seule chose qui pourrait porter votre épanouissement plus haut. Et c’est là que le bât blesse. Parce que vous pouvez tomber sur une personne qui profitera de votre parfaite disposition d’esprit pour servir ses propres intérêts et se faire choyer et cocooner (et éventuellement un peu plus que ça mais chut, il y a des petites oreilles innocentes qui pourraient traîner dans le coin) sans ressentir aucunement l’envie de gravir le Mont-Blanc de l’amour avec vous. Ou tout autre cas, éprouver un attrait soudain et inexplicable pour quelqu’un d’absolument pas réceptif à vos charmes (donc totalement dénué de clairvoyance, mais c’est une autre question). Lorsque l’on se sent une âme d’amoureux(se) éperdu(e) [enfin plutôt essentiellement perdu(e)] et que donc, on sécrète des trucs qui finissent par -one (genre de la testophéromone) ou en -ine (genre de l’ocytolulibérine), il est important de se demander si l’être de nos désirs y est d’une part réceptif, d’autre part capable d’un minimum de réciprocité. Faut de quoi, aveuglé par la quête du « petit » élément qui manque à notre bonheur, on risque de tomber de haut, et ce sera reparti pour une longue période de mauvais moment.

Diapositive4

Cas numéro 4 : la mauvaise personne au mauvais moment

La très bonne nouvelle de cette configuration précise est, qu’absorbé comme chacun peut l’être par tous les aléas rendant la période présente peu propice à une rencontre pleine d’affinités et de beaucoup plus, le risque est grand de passer à côté de la mauvaise personne. Par conséquent, en cas d’absence d’envie / de temps / d’intérêt pour votre interlocuteur, il est inutile de persévérer. Chacun y gagnera du temps et de l’énergie et réalisera de grandes économies en visite chez le dentiste après des grincements de dents succédant aux pleurs. Quand bien même se sentir moins seul peut constituer une tentation, l’impossibilité d’être vraiment à deux est une occasion de bien réfléchir à ce que l’on en retirera. En général pas grand chose donc autant éviter. Parce que que dans ce cas très précis, n’en déplaise aux mathématiciens, moins par mois est égal à moins.

Sur ces considérations, constatant qu’il est la bonne heure pour rejoindre un lit parfait, je vous laisse à vos rêves.

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