Le mariage de M. Weissmann

4 Déc

m weissmann

Lorsque l’on va beaucoup au théâtre, on est souvent agréablement distrait par le spectacle, et heureux de sa soirée, mais il est rare que l’on soit réellement surpris par le spectacle. Le mariage de M. Weissmann fait partie de ces pièces rares, et mémorables déjà pour cette raison, qui ont l’air de venir de nulle part et vous fascinent par leur créativité.

Saul Weissmann, un homme de 70 ans, décide de se marier à Simone (oui, oui, celle de « en voiture simone), femme présentée comme peu attirante mais de très agréable compagnie, et en cela la compagne de (fin de) vie idéale. Simone, qui fait figurer la religion comme un critère de choix non négociable de son époux, insiste pour un mariage à la synagogue, ce qu’il accepte de bon cœur bien que n’en voyant pas l’utilité. C’est à partirde là que tout va dégénérer, parce qu’un jeune rabbin zélé va considérer les preuves de sa judéité comme insuffisantes pour pouvoir unir le couple selon la tradition. Voilà donc notre héros dans l’impasse et ne sachant comment en sortir.

De cette situation qui pourrait être banale, la plume fine de Karine Tuil a mis en mots un chef-d’oeuvre d’humour à la fois tendre et caustique. Sur la judéité d’abord, mais aussi sur l’identité d’une façon plus générale. Dans ce monde où Saul Weissmann se croyait universellement reconnu comme juif, il va devoir découvrir s’il l’est vraiment. Jacques Bourgaux excelle en vieil homme un peu bougon mais avec beaucoup d’auto-dérision. Et ses deux acolytes, Mikaël Chirinian et Bertrand Combe, incarnent une série de personnages déjantés qui ne vont pas faciliter sa queête de lui-même.

Ces trois hommes en chemise de bûcheron s’amusent pleinement des situations loufoques qu’ils incarnent successivement et donnent vie avec une maîtrise étonnante à des personnages dont ils changent toutes les deux minutes. La mise en scène de Salomé Lelouch est extrêmement précise, avec un sens du rythme qui est à souligner, et un choix de décor à la fois simple et qui fonctionne très bien. Pendant la petite heure (eh oui, c’est court, seul défaut du spectacle) que dure cette pièce, on ne se départit pas de sa bonne humeur et de la sympathie que l’on éprouve pour ce retraité attachant qui souhaite une compagne pour partager sa vie, mais ne fait que voguer de défaite en déboire sans discontinuité. Mais les échecs font partie de la vie, et progressivement, il apprendra à se définir par lui-même, avec ou sans cadre imposé.

Une pièce réglée comme du papier à musique, drôle et profonde à la fois, avec un casting sans faute, surtout ne vous en privez pas.

Plus d’infos :

Jacques BOURGAUX, Bertrand COMBE et Mikaël CHIRINIAN

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