Blind date

22 Fév

Blind-date-27-11

Le titre de cette nouvelle pièce du théâtre de la Huchette, célèbre pour être LE théâtre parisien dédié à Ionesco (la cantatrice chauve s’y joue sans interruption pour la 59ème année consécutive) induit volontairement en erreur. Parce que l’on s’y attend naturellement à l’une de ces rencontres arrangées entre deux âmes esseulées ayant accepté de faire confiance à l’intuition de proches bien intentionnés.

Et pourtant, première jolie surprise, ce texte de l’argentin Mario Diament, traduit pour l’occasion par Françoise Thanas, nous emmène loin de l’univers du dîner galant. Dans un parc précisément, illuminé des couleurs du début du printemps. Enfin c’est ce qu’il nous est donné d’imaginer. Parce que, comme le personnage principal, nous ne le verrons pas. Il est aveugle, nous le serons aussi. Ce rendez-vous , c’est en effet celui d’un vieil écrivain ayant perdu la vue. Un rôle presque sur mesure pour Victor Haïm, auteur de théâtre prolixe qui, pour fêter dignement ses 80 ans, s’offre un passage sur les planches où il n’était pas monté depuis 34 ans.

Et c’est là, tranquillement depuis ce banc où il se repose quotidiennement, qu’il fait l’expérience des rencontres. Ou plutôt que les gens qui passent par ce parc rencontrent ce curieux personnage qu’ils reconnaissent rapidement pour l’avoir vu (et les jeux de mots subtils à ce sujet ne manquent pas dans le texte) ou avoir lu ses écrits. Et où, sans vraiment y penser, ils se livrent à lui, presque aveuglément. Ils racontent leurs doutes, leur solitude dans des couples sans amours, leurs espoirs, leurs déceptions face à une vie dans laquelle ils se sentent enfermés. Et lui écoute, toujours, avec la lucidité que leurs yeux ne leur permettent pas d’avoir. Lui aussi laisse apparaître ses failles et ses regrets, par petites touches, sa foi dans la vie et dans l’avenir aussi.

Et puis petit à petit, toutes ces histoires disséminées prennent un sens et une cohérence d’ensemble, et c’est là le génie du texte d’origine. Les personnages évoluent eux aussi, forts de ces confidences qui leur ont permis de prendre du recul et de la hauteur. Et sans qu’on les voit venir, ils parviennent à nous toucher et à nous emmener dans leur humanité, simple et vraie.

Un joli puzzle plein de tendresse et de finesse qui se reconstitue sous nos yeux admiratifs, et qui narre la vie, sans fards.

Plus d’infos :

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :