L’affaire Dussaert

22 Fév

dussaert

L’affaire Dussaert est un drôle d’objet théâtral, imaginé, interprété et écrit par Jacques Mougenot il y a déjà quelques temps puisque la pièce a obtenu un prix d’humour en 2007 au festival de Dax. Etonnante longévité donc pour ce spectacle un peu à part, qui ne ressemble ni à un one-man-show ni à un seul en scène, ni à un monologue. Mais alors qu’est-ce donc que cette fameuse affaire qui attire les foules depuis maintenant près de huit ans ?

Il s’agit « tout simplement » de ce que l’on pourrait nommer une « conférence satirique d’art contemporain » ayant pour objet, ou plutôt pour sujet, la vie et l’œuvre de Philippe Dussaert, peintre copiste de son état s’étant décidé sur le tard à se servir de son talent pour proposer ses propres œuvres. Les tableaux les plus éminents sont donc présentés après un réglage de comptes irrévérencieux mais des plus savoureux avec l’art contemporain et ses travers. Et il faut reconnaître que Jacques Mougenot s’est suffisamment renseigné pour épingler les travers et dérives de ce monde à part avec une dose certaines de réalisme.

Et puis, progressivement, il introduit cette fameuse énigme annoncée dès le départ autour de cet artiste oublié par la postérité. Avec un art de la digression qui pourrait agacer puisque le moment de la découverte de mystère paraît s’éloigner sans cesse, mais qui finalement nous réjouit puisqu’il est l’occasion d’approfondir le portrait de cet illustre inconnu dont il est question. Jusqu’au moment où l’on en vient enfin à ce legs de Dussaert, objet d’une polémique célèbre dans le monde de l’art pour savoir s’il s’agit d’un coup de génie ou d’une arnaque totale. Ce débat si bien introduit est l’occasion de questions plus que pertinentes sur le monde actuel et sa façon se s’enflammer ou de créer des scandales, d’admirer ce qui peut paraître du non sens ou de donner du sens à ce qui l’arrange.

Si les premières minutes peuvent introduire un doute sur la capacité du comédien à vraiment nous emporter avec cette histoire rocambolesque présentée sous forme d’exposé apparemment sérieux, le talent de cet ancien élève de Jean-Laurent Cochet son imagination débridée emportent la conviction. Et la longévité de cette jolie conférence est plus que méritée.

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