Espèces d’espaces

1 Avr

especes d'espaces

De Pérec et de l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), j’avoue que je n’avais que quelques notions fragmentaires en arrivant aux Artistic Athévains pour voir Espèces d’Espaces. Intéressée par les mécanismes de ce style littéraire qui connaît toujours un succès certain comme en témoigne le très dynamique site dédiés aux évènements et publications liés à l’OuLiPO, j’avais lu il y a quelques années « la vie mode d’emploi » du même Pérec qui fut une des plus grandes figures de ce style. Il s’agit donc d’un groupe de mathématiciens et de littéraires, qui, une fois n’est pas coutume ont réussi à s’entendre pour écrire à partir de différentes contraintes donnant une écriture serpentant en une sorte de labyrinthe que les auteurs construisent et étoffent en même temps qu’ils visent à en sortir. N’étant sans doute pas assez claire, je vous invite pour les curieux à cliquer sur les liens hypertexte. Et pour les autres, j’en reviens donc au spectacle.

Espèces d’espaces est donc une sorte d’OVNI s,cénique parce qu’il double la contrainte de l’écriture de Pérec d’une contrainte d’interprétation de ces fameux espaces décrits dans l’oeuvre dans l’espace limité d’une scène de théâtre. Avec un mouvement inverse à celui de l’ouverture successive des poupées gigognes puisque l’on passe de l’espace restreint du lit à celui de la chambre puis de l’immeuble, et ainsi de suite jusqu’à en arriver à l’univers. Le tout sans qu’aucune anticipation ne se fasse de manière évidente, c’est là tout le génie de l’œuvre adaptée.

Les trois comédiens, dont on peut saluer l’effort particulier de mémoire compte tenu de la précision de chaque phrase ou séquence phrasée, nous entraînent donc dans cet univers à la fois familier et loufoque où nous évoluons, nous laissant entraîner dans un tourbillon de mots dont aucun n’est choisi au hasard. Avec une surprenante inventivité dans la façon de symboliser chaque lieu, de la simplicité évidente pour l’objet lit à la beauté de certaines maquettes et à l’utilisation atypique de la vidéo (mais point ne faudrait trop en dévoiler).

Sans y prendre garde, on se laisse mener par les pupilles et le bout des oreilles avec un plaisir non dissimuler et sans opposer la moindre résistance à ce tourbillon de gourmandises littéraires qui nous font voir l’espace qui nous entoure avec un regard à la fois neuf et tendre.

C’est frais, bon, croquant, drôle, et ça nourrit les 5 sens en plus de l’âme et du cerveau. Bref, ça se consomme sans modération.

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