Le travail, c’est…

22 Avr

Ce soir, je me trouve à mi-chemin entre le rire sardonique et légèrement flippant que l’on voit dans ces dessins animés déjantés (si si, je suis sûre que vous voyez) et l’envie de dire zut, flûte, crotte… chier (les plus jeunes d’entre vous ne peuvent pas comprendre les pauvres, référence inconnue des génération Y, Z, AA & Co, suivez l’ordre des dénominations sur votre fichier Excel, merci). Parce que mon histoire, c’est l’histoire banale d’une salariée banale qui naïvement pensait que faire ce qu’on lui demandait et être sympa suffirait. Je sens que vous voyez déjà la chute venir, et vous avez raison, c’est aussi prévisible que la fin de n’importe quelle comédie romantique américaine. Ou même pire, que celle d’un épisode d’Arabesque (les plus jeunes… bis repetita). A titre exceptionnel, je la raconterai donc à la 3ème personne (distanciation oblige, vous diraient les psys accoudés au comptoir entre deux parties de rapido).

Bref, un jour, une jeune demoiselle arrive sur le marché de l’emploi son diplôme universitaire en poche, envoie une quantité astronomique de CV, passe quelques entretiens, et se retrouve en contrat temporaire dans une entreprise qui quelques mois plus tard lui offrira le graal de l’époque, une transformation de son statut précaire en statut à durée indéterminée. La jeune demoiselle s’applique, apprend, s’investit, apprend toujours, continue à s’investir, y trouve de l’intérêt, se dit parfois que c’est difficile, que ce monde n’est pas tendre, mais que quand même, elle a de la chance parce qu’elle a un poste intéressant avec des responsabilités et de la stimulation intellectuelle dedans. Les années passent, elle ne rechigne pas à la besogne, elle vit quelques périodes « de rush » (comprenez plusieurs semaines successives où le boulot prime sur le reste) et trouve cela normal, beaucoup de ses amis vivent au même rythme, les expériences forgent la jeunesse et il faut bien faire ses preuves, remettez-en donc une louche.

Parfois, elle se dit qu’elle aimerait tout de même que cela change, et en même temps elle aime ce qu’elle fait, alors elle en accepte les règles. Et puis elle aime bien le challenge de courir après la carotte. Même si parfois, la carotte disparaît un peu brutalement et qu’il faut attendre qu’une nouvelle ait poussé pour tenter de s’en saisir. Bref, ces années l’amènent à mûrir également. Petit à petit, entre récompenses et frustrations, elle cherche son équilibre, ne le trouve jamais vraiment mais finit par s’en approcher. Et puis un jour, au gré des départs et des arrivées, les cartes sont redistribuées et elle se retrouve à devoir œuvrer dans une atmosphère avec moins d’air pour respirer et aucune carotte à la clé.

Au départ, elle ne se rend pas bien compte que cet air s’est raréfié et que le système de récompense n’a plus cours. Puis elle installe un petit ventilateur et un inhalateur d’huiles essentielles pour faire face à ces nouvelles conditions. Et puis un jour, on lui fait comprendre qu’elle ne doit plus venir avec ses huiles essentielles ou alors, on les lui confisquera. Alors elle éprouve un sentiment d’injustice très important, parce qu’elle continue à faire ce qu’on lui demande et qu’elle finance elle-même son inhalateur et ses recharges. Mais rien n’y fait et elle doit accepter cette nouvelle frustration. Seulement, les carottes lui manquent, les effluves de parfum de lavande et de coquelicot également. C’est alors qu’elle remarque qu’un bâton a fait son apparition. Son sens de la dignité est en ébullition et elle cherche comment faire pour que ce projet de coups de règles sur les doigts soit abandonné. Elle ne trouve pas et finit par trébucher sur le bâton honni. Les bleus sont là pour lui rappeler sa chute pendant plusieurs jours.

C’est là qu’elle comprend enfin. Elle ne doit plus trébucher. Elle doit trouver de l’air et une atmosphère normale pour travailler. Alors elle cherche à tâtons une solution. Et se retrouve un soir à osciller entre l’envie de dire 4 gros mots et celle de partir d’un rire sardonique …

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2 Réponses to “Le travail, c’est…”

  1. MarieO 26 avril 2015 à 18:39 #

    Rapido, ce sont des signes d’épuisement au travail.

  2. Antoine 22 avril 2015 à 06:34 #

    Bonjour,

    Rien de très drôle sur le fond de ce billet, mais j’y trouve l’occasion de vous féliciter pour vos billets d’humeur et d’émotion.

    L’occasion aussi de partager avec vous ce détail insignifiant sur l’après génération Z. Le suspens est à son comble : comment s’appelleront les suivants ? Il semblerait que loin de la logique d’un célèbre tableur, « alpha » ait été choisi.

    Longue vie d’écriture à vous !

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