A vol d’oiseau ça fait combien ?

26 Avr

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Au premier abord, « à vol d’oiseau ça fait combien ? » pourrait ressembler à une comédie théâtralo-romantique. Un homme dîne seul dans sa maison isolée en pleine campagne, un repas rustique avec soupe et vin, lorsque surgit chez lui une femme d’affaires en tailleur et talons aiguilles tombée en panne sur le bord de la route, ayant profité du fait que la porte est restée ouverte.

Seulement, l’homme n’est pas disposé à laisser cette intruse troubler sa tranquillité. Il commence même par éteindre les lumières et se cacher derrière ses cartons pas encore défaits. Sur l’un desquels on peut d’ailleurs lire « affaires de Flo ». La ficelle de l’homme qui s’isole en ermitage parce qu’il a le cœur brisé et de l’obsédée du boulot qui ne laisse personne rentrer dans sa vie semble clignoter au néon couleur fluo. Et pourtant, et c’est là que cette comédie est réussie, les deux coauteurs, Marc Bassler et Philippe Sohier jouent avec les codes en prenant un malin plaisir à ne pas y tomber.

Plutôt que de pousser ces deux égarés l’un vers l’autre, ils vont s’amuser à les pousser dans les extrêmes de leur caractère. Lui ne cessera de vanter son mode d’existence isolé, loin de la société de consommation, du téléphone et d’Internet. Elle s’évertuera à vanter la nécessité de travailler et les bénéfices de la civilisation moderne. Et pourtant, derrière le discours, ils savent tous les deux, comme deux êtres malgré tout doués de raison, reconnaître les limites de leurs choix de vie. Lui sait de quoi il se prive, elle avoue jouer les femmes fatales pour réussir. De même qu’ils deviennent alternativement hystérique. Si madame commence par sortir le grand numéro de la femme à qui tout est dû et qu’il faut aider à atteindre le village voisin pour que l’on vienne la dépanner, Monsieur, après être resté mutique, va déverser tout ce qu’il a sur le cœur depuis des semaines ou des mois. A commencer par sa rancoeur contre les femmes en général et son ex en particulier.

Ce jeu du chat et de la souris va donc durer jusqu’au petit jour. Sans aucun temps mort. Et sans que l’un ménage l’autre. Avec une alternance de cynisme, de philosophie et d’humour jouissifs. L’énergie vociférante de Delphine Zana le dispute au faux flegme de Marc Bassler et c’est le plaisir de l’argumentation qui gagnera. Petit à petit, les apparences se fissurent et les masques tombent. Mais l’un des joueurs sera-t-il assez malin pour atteindre la case du vainqueur ? Pour le savoir, il faut aller les voir.

Une comédie originale, qui évite les clichés, très structurée, et avec des réflexions plus que pertinentes glissées sur le ton de l’humour. Un vrai bonheur.

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