Opéra B/O Unlimited

26 Avr

 

En vacances en Pologne dernièrement, j’ai eu la chance de me rendre à l’opéra de Cracovie pour une séance pas tout à fait comme les autres, conçue essentiellement pour occuper la matinée des élèves polonais en leur faisant découvrir un nouvel univers. La séance étant ouverte à tous, j’ai profité de l’opportunité de bénéficier d’un florilège des plus beaux airs d’opéra chantés par des artistes plus que confirmés pour la très modique somme de 5 euros (soit moins que le prix d’un espresso au Café de Paris se trouvant face à l’opéra Garnier).

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Me voici donc face à la scène, au milieu des scolaires de 7 à 14 ans, peu conscients de leur chance pour la plupart, dans un bâtiment ne bénéficiant pas des fastes des dorures et du plafond peint par Chagall, mais plus proche de l’Opéra Bastille, avec une visibilité et une acoustique bien conçues, et, détail non négligeable, de la place pour les jambes des petits et des grands entre chaque rangée de siège.

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La séance s’ouvre donc sur le mot de bienvenue d’un monsieur loyal d’opéra, visiblement assez à l’aise pour capter l’attention de tous ces camarades d’école réunis. J’aurais malheureusement bien du mal à vous restituer son propos, ma maîtrise du polonais se maîtrisant à dire bonjour et merci avec un accent visiblement peu compréhensible. Heureusement pour moi, les opéras les plus connus ont été composés en italien et en allemand (langues que je ne parle pas tellement plus couramment que le polonais, mais qui me sont plus familières). Et surtout, surtout, ce tour d’horizon découverte a fait battre mon cœur de Française puisqu’il s’ouvrait sur le célèbre amour-oiseau rebelle de Bizet, dans une mise en scène très joviale comme tout ce qui a suivi.

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Au programme donc, du Mozart, du Donizetti, du Verdi, et le très déchirant aria de Puccini par une sublime Madame Sylwia Fraçzek Butterfly. Autre moment à mon cœur cher, le duo « la ci darem la mano » de Dom Juam qui figure sur le podium de mes airs d’opéra préféré. Et la redécouverte du « cheti, cheti immantinente» du Don Pasquale de Donnzetti dont vous pouvez donc voir la vidéo en cliquant sur le lien, par deux excellents chanteurs mimant leur querelle avec une joyeuse espèglerie non dissimulée, Adam Radnicki et Stanislaw Olejniczack (ce dernier étant en plus bel homme, comme un ou deux autres des solistes présents, mais je m’égare il me semble).

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Au milieu de cette délicieuse dégustation musicale, avec des costumes tous magnifiques, quelques interludes ludiques avaient été prévus pour maintenir l’attention du public en culottes courtes, et c’est encore une fois avec une facétie bienveillante qu’un désigné volontaire s’est retrouvé costumé en chevalier sur monture à bascule, prenant ce jeu à la rigolade au même titre que le public. Autre idée originale, celle d’avoir mis en scène une séance de vocalises pour montrer avec pédagogie le travail de répétition.

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Et après une première partie très classique, la deuxième constituait une ouverture sur d’autres types de spectacles, avec une démonstration de ballet classique, suivi d’un numéro très réussi de french cancan (admirez la manière dont les Polonais ont su préserver mon chauvinisme).

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Et ce fut alors au tour de l’opérette, avec cette fois le choix délibéré d’interpréter la Barcarolle d’Offenbach en polonais (je vous remets ici une version en français par Philippe Jaroussky et Nathalie Dessay, chauvinisme oblige). Ce principe de traduction en langue locale fut également appliqué à My fair Mady, costumée pour l’occasion en une sorte de fourreau en lycra pailleté, seule faute de goût regrettable durant tout ce spectacle féérique. Avec pour bien clôturer le tout le célébrissime duo de Papageno et Papagena dans la flûte enchantée, leurs costumes se fondant sur un arrière-plan de toile de Monet (cocorico pour la dernière fois). Après 1h30 donc, c’est un Rafal Jacek Delekta épuisé mais heureux qui posa sa baguette pour faire applaudit son orchestre en même temps que les cris d’enthousiasme pour les chanteurs et danseurs résonnaient dans la salle.

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Et je dus alors à contrecœur quitter ce cocon magnifique pour aller explorer d’autres aspects non moins intéressants de la vie polonaise, mais plus que ravie de cette expérience. Et me réjouissant d’avoir eu cette occasion de profiter de cet instant suspendu sans doute mieux que je ne l’aurais fait à 8-10 ans. Ce spectacle restera un très beau souvenir et j’adorerais qu’on ait la même chose en France (pour les adultes bien sûr).

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