Des rêves à la réalité

3 Mai

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Les rêves sont une jolie chose, surtout lorsqu’on les fait éveillés, parce que disons-le clairement, pour ceux que notre cerveau fatigué élabore en pleine nuit, lorsque l’on s’en souvient le lendemain, ils sont doit dramatiquement terre-à-terre soit étonnamment capillo-tractés. Enfin pour ceux que l’on élabore en pleine possession de sa forme (ou en en possédant au moins 15% après le 4ème café), ils sont utiles, d’une part pour stimuler notre créativité, d’autre part parce qu’ils nous permettent de nous projeter. Essayer de s’approcher d’une situation qui nous apparaît idéale, c’est une façon d’avancer plus stimulante que se laisser porter par le vent.

MAIS, parce qu’il y a toujours un mais, le rêve peut aussi nous enfermer. Dans les films ou les livres, il peut se produire des choses relevant du miracle, et les gens de bonne volonté triomphent toujours voire héritent de super-pouvoirs (et de la fortune de la grand-tante) et coulent des jours paisibles avec le sosie de Claudia Schiffer (jeune) ou de Cary Grant (jeune également). Simplement, ce sont des récits, l’auteur tire les ficelles, et les personnages n’ont pas comme le commun des mortels besoin de se tasser dans un bus surrempli pour aller au travail ou de ressortir à 19h15 en catastrophe pour acheter du pain avant la fermeture parce qu’il n’y en a plus. Pas plus qu’ils n’ont de boutons de fièvre ou de coup de fil interminable d’une amie qui a besoin de s’épancher au moment où ils auraient dû être au café où ils auraient dû croiser leur futur génial employeur de façon purement fortuite.

Il est donc nécessaire de prendre du recul par rapport à l’atteinte d’une situation plus qu’improbable. Comme passer du service courrier aux salles de marché de Superbanque sans suivre une formation. Ou devenir la future égérie du cinéma sans avoir trimé quelques années (sauf si votre père ou votre mère est une égérie du cinéma ou que vous parvenez à vous faire adopter sur le tard, mais il vous faudra sans doute pratiquement autant de temps pour mener la procédure à son terme que pour être enfin nommé [relativement] jeune espoir aux césars). Quant à entrer en symbiose éternelle dès le premier regard avec un(e) futur(e) conjoint(e) doté(e) de toutes les qualités que vous appréciez, n’y pensez même pas.

Autrement dit, sonder ses aspirations est une bonne chose, les passer aux google glass au filtre du pragmatisme en est une autre. Sans se donner la peine d’accomplir cet exercice, on risque d’abord de s’escrimer en vain pour ne jamais atteindre son but et finir par se décourager et en vouloir à tout le monde y compris soi. Et surtout, on passera à côté des opportunités sur le chemin. Parce que dans un voyage, la route compte souvent autant que la destination. Le montagnard qui mettrait des oeillères jusqu’à l’atteinte du sommet passerait à côté de toutes les perspectives que lui offre la montée. Il en est de même pour chacun lorsque l’on cherche à obtenir quelque chose en voulant foncer en ligne droite plutôt que de profiter du chemin. Parce que l’on y est moins seul qu’en escaladant à flanc de colline, parce que l’on peut aussi découvrir des destinations que l’on n’aurait pas pensé à prendre et qui nous plairont autant sinon plus. Et parce que la route a été tracée pour nous rendre la vie plus simple, ce serait dommage de vouloir se la compliquer inutilement. Même si l’on peut aussi jouir du frisson d’un peu de marche hors des balises lorsque l’on sait où elles se situent si on a besoin de les rejoindre.

Pour ma part, l’obstination de certains et certaines à foncer droit devant sans s’arrêter, la mienne aussi parfois, que je ne saurais bien sûr avoir moi aussi (en toute objectivité), en niant vouloir le beurre, la crémière, le banquier et son argent ainsi qu’un château en Espagne me laisse souvent songeuse. Parce qu’à trop désirer et exiger, tout finit par paraître fade et l’on perd cet émerveillement des petites réussites, en plus de ne se sentir jamais satisfait de ce qu’on a et de relever sans cesse la barre de ses rêves. Alors que la joie vient de ces petis bonheurs et de ces mini-succès du quotidien, de la simplicité d’un sourire ou d’une belle conversation partagée, de se lancer dans un projet dont on sait qu’il peut aboutir si l’on en suit les étapes avec patience, et en acceptant les contraintes de certaines d’entre elles.

En somme, la vie c’est aussi passer de la réalité à un rêve qui s’écrit autrement qu’on l’aurait cru.

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