Quelques pensées sur la force

14 Juin

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Sans rentrer dans des détails personnels et guère intéressants à conter, l’année 2015 est ce que l’on peut appeler une mauvaise année. Il ne s’agit pas de disséquer les raisons ayant conduite à cela, nous avons tous et toutes des périodes joyeuses et d’autres qui sont complexes à gérer. La joie, en général, est une émotion assez simple à accueillir. Le découragement qui peut accompagner les difficultés, même quand on sait qu’elles ne seront pas éternelles, est un peu plus dur à contenir.

Depuis quelques mois donc, et encore plus depuis quelques semaines, je me trouve face à mes limites et cela me fragilise. C’est une impression déjà vécue, mais différemment, de façon plus diffuse. Jusque là, les périodes sans duraient moins longtemps, et puis j’arrivais à en sortir seule. Là, j’ai progressivement compris que j’avais besoin des autres. J’ai eu la chance que les autres répondent présents et je suis très positivement touchée par les amis, y compris lointains, qui m’écoutent, m’encouragent, me conseillent, bref me font du bien. Ils sont précieux, j’essaie de le leur dire autant que possible. J’ai à l’inverse pu être blessée par l’incompréhension et les jugements de personnes sur lesquelles je croyais pouvoir compter, même si pour quelques-uns, des raisons bien identifiées peuvent expliquer leur incompréhension ou leur indifférence. A certains moment, hélas, l’appui concret qui n’est pas apporté l’emporte sur le recul que l’on devrait avoir par rapport aux individus. 

Dans toute cette période qui n’est pas terminée, j’ai été plusieurs fois désarçonnée surtout par la force que l’on m’attribuait. Les « sois forte », « tu es forte », « tu vas y arriver », « tu peux », « avec la force que tu as » etc.. Ces phrases m’ont beaucoup interpellé et fait réfléchir, parce qu’elles ne correspondent pas à ce que je ressens. Il ne s’agit pas d’une fausse modestie mal placée pour nier que j’ai du caractère, de la combativité, et un appétit pour la vie qui me permettent d’aller de l’avant la plupart du temps. Je reconnais bien volontiers avoir ces atouts et m’en servir particulièrement en ce moment. Simplement, là, ça ne me suffit plus.

Alors j’ai cherché d’autres sources de force. Comme dit auparavant, les autres en sont une et sans doute la principale. Je n’ai jamais douté du cadeau qu’est l’altérité, de sa nécessité fondamentale, et j’y crois encore plus fort aujourd’hui. « Into the wild » – pour ceux qui ont vu ce film – très peu pour moi. Les autres nous nourrissent de leur humanité, pour tous ceux qui savent la mettre en avant. J’ai donc appris à mettre mon orgueil de côté et à dire oui à toutes les propositions sincères que j’ai eues de me faire sourire, de sortir, de parler, de ne rien faire mais côte à côte. J’ai d’abord été un peu déstabilisée, mais ça m’a fait changer intérieurement, et j’y ai gagné un peu de force.

Et puis, j’ai fait le tri. Il y a des gens et des choses que j’ai mis de côté. Non pas que je ne les apprécie plus, mais en ce moment, je ne peux leur consacrer ni attention, ni temps. C’est parfois très frustrant parce que je voudrait pouvoir tout faire, mais j’ai la force, si je puis dire, d’admettre mon incapacité à leur faire de l’espace. Plus tard, j’en aurai de nouveau et je me réjouirai de les réintégrer à leur juste place, qui sera sans doute différente d’ailleurs, parce que j’aurai évolué au passage. Mais je sais qu’ils sont là, je ne les oublie pas. Je garde mon énergie pour l’essentiel ou pour l’urgence, selon le point de vue que l’on adopte.

Et puis il y a naturellement des « dommages collatéraux ». Quand on rationalise au maximum, on élimine ce qui n’a plus de sens ou d’intérêt. C’est difficile de faire des croix sur certaines habitudes ou certains relations, là aussi c’est une épreuve de force qui s’ajoute au reste. Mais étrangement, les décisions sont faciles à prendre, et une fois l’acte de renoncement ou de suppression posée, progressivement on se sent plus léger.

Une fois toutes ces étapes passées, il faut toutefois faire face, encore, sur un temps long. Quand on est du genre impatiente (toute ressemblance…. enfin vous aurez compris), apprendre ça est loin d’être évident. Accepter, jour par jour, les petits pas dans chaque sens. Savoir saisir chaque opportunité de faire un pas en avant. Ne pas accepter de reculer au-delà d’une certaine limite. S’aménager des espaces pour rire et recharger ses batteries de bonne humeur, s’accorder aussi des moments pour relâcher ses émotions négatives. Se tenir la tête droite, même si l’on a besoin d’être assis. Et savoir, se répéter sans cesse que c’est quelques mois dans une vie. Qu’en 2016, on aura dépassé tout ça, qu’on vivra autre chose, que l’on aura changé. Que l’on aura traversé l’épreuve sans se surestimer, sans se sous-estimer non plus. Avec des larmes, des cris, des rires, des récréations, et beaucoup, beaucoup d’envie de prendre le futur en main.

Un temps marquant où l’on se sait insuffisamment puissant pour se consacrer à autre chose qu’un bel avenir, et si c’était juste ça, éprouver sa force ?

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