Les heures souterraines

28 Juin

LHS AFF FB_0

Les Heures Souterraines est l’adaptation théâtrale du roman éponyme de Delphine de Vigan (que je n’ai pas lu, je ne fais donc que répéter). L’on y suit parallèlement la journée de Thibault, un médecin urgentiste ayant la cinquantaine, qui vient de renoncer à la femme qu’il aime, voyant qu’elle n’était pas amoureuse et ne souhaitait pas l’être, et de mathilde, une femme cadre victime de harcèlement moral depuis des mois et qui est à bout de forces face à ce qui lui arrive.

Deux êtres en apparence socialement insérés en somme mais confrontés à la vacuité de ce que leur existence devient petit à petit. Lui passe de visite en visite, avec des visages anonymes, qui, lorsqu’il les revoit, ne le reconnaissent pas ou qu’il ne reconnaît pas. Elle qui cherche à donner le change face à ses enfants qui sont sans doute les plus clairvoyants et ses amis auxquels elle n’ose pas se confier, et qui se sent dépassée par cette descente aux enfers professionnelle, cette mise à l’isolement et ces vexations en apparence innocents.

Il est difficile de ne pas être sensible face à cet homme en quête d’accomplissement, sensible à toute la misère sociale à laquelle il est confronté, et qui tente au mieux de la contrer avec ses maigres moyens. Il est encore plus difficile de ne pas être choqué par la violence avec laquelle le monde du travail peut broyer cette femme en l’espace de quelques mois, avec des mises en scène et des mensonges récurrents du manager, et l’éloignement progressif des collègues ayant peur d’être « contaminés », qui la conduisent dans une impasse presque sans issue.

Anne Loiret et Thierry Frémont campent ces deux personnages à la fois avec pudeur et avec beaucoup d’engagement. La mise en scène est très bien conçue, de telle façon qu’ils ont en permanence l’air de se croiser sans jamais se rencontrer, tous deux à la recherche des mêmes deux bras amis qui pourraient accueillir leur fatigue et leurs peines. Mais qui doivent ne compter que sur leur force intérieure pour faire face. Un spectacle très fort, mais dont la fin est un peu abrupte.

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