Liliom

28 Juin

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Une fois de plus, le temps de pouvoir prendre la plume, je vous parlerai d’une pièce dont les représentations sont achevées. Mais qui a déjà été reprise au Théâtre de l’Odéon après sa création au Théâtre Gérard Philippe, donc qui sait, peut-être aura-t-elle droit à une troisième vie, comme dans les jeux vidéo.

Cette pièce a été écrite il y a près d’un siècle par le Hongrois Ferenc Molnár et semble étrangement toujours totalement d’actualité. L’action se déroule dans l’univers des forains, où Liliom, un jeune vaurien, joue les bonimenteurs pour le manène à auto-tamponneuses de Madame Muscat. Et là, premier émerveillement, le décor reconstitue une authentique piste de fête foraine, avec les autos sur le plateau. Et une roue lumineuse en fond de plateau. Et puis l’on y voit aussi deux roulottes, une ouverte dans laquelle une harpiste est assise et devant laquelle se trouve un organiste, et une qui sert de logement à Liliom. A lui seul, ce décor vaut le déplacement jusqu’à la porte de Clichy. Et la musique d’entrée est elle aussi envoûtante, elle pourrait suffire à contenter les spectateurs.

Mais l’action ne s’arrête pas au décor. Parce que Julie fait son entrée dans la pièce, avec son amie Marie, sur le manège. Madame Muscat, jalouse de voir Liliom séduire la jeune femme le temps d’un tour de piste, elle veut la chasser. Mais Liliom prend sa défense, et se fera renvoyer pour ça. Et Julie, touchée d’avoir été regardée et défendue, va choisir d’abandonner son emploi de bonne qu’elle tient avec son amie pour le suivre. Non par amour mais par loyauté, parce que c’est la chose qui lui semble juste. Avec lui, elle ne sera pas heureuse mais pas malheureuse non plus. Et lui, exclu de la fête foraine, vivra de larcins entre deux soirées bien arrosées avec son ami brigand.

Naturellement, cette vie de bohème malhonnête tournera mal. Mais elle restera fidèle à lui toujours. Son amie Marie, elle, s’éprend d’une portier ambitieux, et adopte au final un mode de vie bourgeois, aux antipodes de la précaire vie de Liliom et Julie. Au milieu de ces journées fades, on croise des policiers ventriloques, une incarnation de Dieu, Madame Muscat qui revient à la charge pour tenter de récupérer son ancien amant, et la tante de Liliom à laquelle appartient la roulotte.

Avant tout, on se laisse toucher par ces comédiens très doués, par l’excellente mise en scène de Jean Bellorini, par les chants et les morceaux d’orgue, par la batterie, et puis par l’espoir, par la persévérance, par le caractère entier de tous ces personnages qui ne parviennent pas à s’aimer. Il y a beaucoup de légèreté dans la dureté de ces vies, beaucoup d’humour aussi, beaucoup d’authenticité et de pragmatisme. Et les deux heures passent presque aussi vite qu’un tour en auto-tamponneuse. Une réussite magnifique, empreinte de magie.

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