Changer d’angle de vue

15 Juil

protractor01

La vie est pleine d’imprévus heureux et moins heureux, qui en font une richesse et un défi permanent tout à la fois. Ces imprévus sont une occasion lorsqu’ils s’accélèrent de remettre son cheminement en perspective. Parce qu’ils bousculent les plans que l’on avait fondés, les évènements que l’on avait anticipés, les désirs que l’on avait formulés. Quoi qu’on fasse, nos existences ne se déroulent jamais selon le schéma que l’on avait envisagé. ,

Lorsque les perturbations arrivent, qu’elles apportent du mieux ou du moins bien, il est en général totalement inutile de leur résister. Or c’est souvent un réflexe naturel que de vouloir empêcher l’inconnu de s’incruster dans notre quotidien. Parce qu’on a beau dire souvent que l’herbe doit être plus verte ailleurs, on tient au confort de ce que l’on maîtrise, ou de ce que l’on pense maîtriser. Une rencontre pourra faire peur, parce qu’elle nous bouscule, qu’elle nous interroge, que l’on n’est pas certain d’avoir la place pour un ami ou une amie, pour un mentor, pour aider quelqu’un qui en a besoin. Alors même que l’on en a envie lorsqu »il s’agit d’une personne dont on sent le caractère positif. Sur un plan moins joyeux, un problème de santé peut nous inciter à des revirements extrêmes, en vivant très intensément par peur d’une dégradation nette de notre état physique, ou au contraire en se laissant totalement sombrer par incapacité à se lancer dans un combat rude. 

Quels que soient nos réflexes de défense premiers, l’attitude qui nous permettra d’avancer est toujours l’accueil. Fuir dans quelque excès ou refus que ce soit ne fait que retarder et souvent rendre l’inéluctable moins agréable qu’il ne pourrait l’être. Un nouvel ami ou amoureux ne peut nous apporter son amitié ou son amour qu’en lui laissant une place. La maladie ne peut s’en aller qu’en la diagnostiquant pour y apporter les soins adaptés. Une promotion comme manager ne peut se passer bien qu’en renonçant à certaines attributions antérieures pour pouvoir encadrer les collègues de son équipe. Le choc d’un cambriolage ne peut se gérer que si on accepte d’avoir perdu une part de ses biens matériels.

Tous ces évènements heureux ou malheureux sont vécus comme des chocs. Mais passé le moment de l’impact, ils sont toujours des invitations si en effet on choisit de les accueillir. A chaque fois, ces choses ou ces gens nous contraignent à intégrer une réalité dont on n’avait aucune idée, parfois même que nos rêves les plus farfelus n’auraient pas su créer. Et pourtant, sauf cas très particuliers, nous avons en nous la capacité de s’en saisir pour faire le point sur ce que nous voulons. Ces sons de cloche qui ne sonnent pas au diapason de notre partition pré-écrite nous dérangent justement parce qu’ils touchent à une part de nous dont on ignorait plus ou moins l’existence. Une passion pour les débats enflammés alors que l’on se comportait en timide. Une combativité dans l’épreuve. Un besoin de vivre ailleurs géographiquement. Une capacité de partage et de confiance qui ne s’était pas exprimée jusqu’alors etc..

Dans ces moments de flou artistique, on réalise souvent que notre regard se déplace. Ce que l’on tenait jusqu’alors comme l’optimum, ou simplement comme un objectif, est différent de ce qui nous anime réellement. S’ouvrir à ce que l’on ignorait faute d’avoir pu l’observer ou y réfléchir nous recentre. En sachant écouter nos réactions, notre regard change. Comme lorsque l’on observe la montagne depuis la vallée, depuis la crête ou depuis le sommet. Il y a toujours un des points de vue que l’on trouve plus spectaculaire, et pas forcément le sommet comme on pourrait aimer à le croire.

Dans ces périodes, on ressent en général un étrange mélange d’émotions, entre chagrin et nostalgie de ce qu’on risque de laisser derrière soi, et joie et excitation du changement. Et pour peu que l’on accepte ce que notre être nous dit, la stimulation de la nouveauté prend vite le pas sur la peur de ce que l’on quitte. Ce qui n’empêche pas les étapes intermédiaires, les découragements, les sprints pour rattraper le peloton de nos projets, les moyens échecs entre deux petites victoires. Simplement, lorsque l’on a appris à changer d’angle de vue, on peut répéter l’opération à loisir. Et profiter des petits plus de chaque point du panorama. Et pour ceux qui ne parviennent pas à voir comment transformer l’inconnu en opportunité, une visite à l’ophtalmo s’impose.

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