Réflexions sur le conjoint idéal

26 Juil

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Comme la plupart des femmes je pense, j’ai grandi en étant bercée de belles histoires sur l’amour et l’homme grand, beau, fort et intelligent qui me remarquerait depuis sa décapotable blanche (oui, il faut bien s’adapter à l’époque, les chevaux n’étaient plus vraiment à la mode en Ile-de-France dans les années 1980 et cette mode n’est d’ailleurs jamais revenue) et m’emmènerait dîner ailleurs que chez Chartier avant de me choisir pour le meilleur (parce que le pire n’existait pas dans les contes), de m’offrir une belle robe blanche, que je retirerais avec grâce et volupté pour concevoir la flopée d’enfants qui nous rendraient heureux. Et là, ce serait parti pour 60 ans de vie harmonieuse en parfaite santé sans les virées du samedi matin à l’hyper Aupré avec Junior 1 qui fait ses dents et Junior 2 qui braille après son paquet de céréales Tigrix, ni la menace du chômage, ni le claquage musculaire qui tombe au pire moment, ni le monceau de paperasse à trier tous les 6 mois (parce que soyons honnêtes, personne d’à peu près normal ne trie vraiment sa paperasse au fur et à mesure, et d’ailleurs, vous remarquerez qu’aucune histoire pour enfants n’aborde l’épineux problème de la paperasse à trier).

Bref, comme on dit, la vie a fait son œuvre, j’ai cru reconnaître l’homme de l’histoire sous les traits d’un homme ayant une vieille 4L blanche héritée de son grand-père (ou de son arrière grand-père, je ne suis plus sûre), puis sous ceux d’un autre m’ayant offert un gilet et une jupe blancs, jusqu’à ce que l’un m’emmène dîner chez McDo et que l’autre se mette à tenter de regarder d’un peu trop près sous la jupe rouge d’une femme qui passait par là (évidemment tout cela n’est jamais arrivé, ou en tout cas pas exactement – j’ai dîné chez Quick et il y a eu une histoire de robe bleue – mais on m’a dit qu’il fallait toujours stimuler l’imagination du lecteur, alors j’applique).

Et puis, un jour, lasse de ces épisodes à peine dignes des sitcoms françaises des années 1990 (qui ont bel et bien disparu, comme quoi parfois le monde progresse et devient meilleur), j’ai décidé de me créer ma propre représentation du conjoint idéal. Je dois quand même avouer que j’ai eu du mal à m’éloigner du schéma grand, beau, fort, intelligent, riche, subtil, attentionné, intrépide, qui réussit tout et qui bien sûr, roule en décapotable blanche. Les images séduisantes des livres et des comédies romantiques sont tenaces, et puis on se dit que si Grimm, Perrault, Harlequin et Hollywood le disent, c’est que ça doit être vrai (au passage, ils disent aussi qu’il y a des barbus pré-hipsters qui dépècent les femmes curieuses et des virus prêts à éradiquer l’espèce humaine plus vite qu’un million de bombes atomiques que seul Bruce Willis peut contrer mais passons).

Malheureusement ou heureusement, j’ai fini par accéder à un début de maturité (il m’en manque souvent encore un bout dans bien des domaines mais j’ai bon espoir de compléter ce début), et puis j’ai compris qu’en fait, un homme c’est un humain comme l’est une femme. Qu’il a souvent un peu plus de force pour porter un sac de courses mais qu’il n’en a ni plus ni moins pour faire face aux épreuves. De même qu’il n’a ni plus ni moins de capacité à rire, à s’enthousiasmer, à faire des plans sur la comète, à soupirer, et autres choses que les humains font quel que soit leur genre. Il a aussi la plupart du temps BEAUCOUP MOINS de capacités à supporter une virée shopping mais souvent BEAUCOUP PLUS à parler de matchs de sport de ballons ronds ou ovales. Et puis parmi les hommes, il y en a qui apprécient de beaucoup communiquer et d’autres pas, il y en a qui aiment sortir et d’autres qui sont casaniers, il y en a qui font plein de projets et d’autres qui n’anticipent rien, il y en a aussi qui vivent dans le passé, ou dans un avenir irréaliste. Enfin au final, chacun a sa singularité, ce qui les rend d’une façon étrangement identiques aux femmes (oui je provoque, je m’en octroie le droit sur cet espace d’expression totalement narcissique).

Du coup, au lieu de chercher un homme idéal, petit à petit, j’ai compris que ce que je voulais, c’était un homme avec lequel la vie soit mélodieuse. Un peu comme sur une partition. On peut jouer uniquement les notes sur la clé de sol, ou uniquement les notes sur la clé de fa, mais si on les réunit c’est plus chouette, plus imposant, plus beau. De temps en temps on sent comme un petit couac, ou un accord qu’un des instrumentistes a raté, et puis ça reprend. Du coup, finie la liste interminables des critères à respecter comme on en a si souvent alors même que l’on s’en défend. Ce qui ne signifie pas qu’il faille renoncer à certaines choses primordiales pour soi. Le respect, la confiance, quelques valeurs que l’on a réellement à cœur et sur lesquelles on souhaite construire son avenir. Pour le reste, quels seront les goûts communs qui permettront de se rapprocher, les différences qui permettront de se compléter, il est agréable de laisser planer le mystère.

Quant à la progression vers une vie à deux, là aussi, trop planifier ou anticiper est mauvais. Certaines relations se construisent très régulièrement et à petits pas, d’autres très rapidement, d’autres de façon anarchique, et les habitudes de chacun des deux protagonistes dans le passé n’augurent pas de la façon dont leur histoire particulière va évoluer. L’essentiel est d’être attentif à son propre rythme et à celui de l’autre, et de trouver la vitesse qui convient. Et puis il peut y avoir des faux départs ou des routes qui se séparent. Il ne s’agit pas de s’y résoudre sans chercher de solution, d’être passif face à des difficultés qui peuvent n’être que temporaires, ou de fuir dès lors que c’est plus difficile. Cette forme de facilité empêche de vivre plein de belles choses. Pour autant, certains problèmes ne sont pas solubles, et mieux vaut l’admettre avant de prendre des engagements plus complexes à défaire. La vie à deux ne peut pas se passer de la conviction que l’on est plus heureux avec l’autre qu’on ne le serait loin de lui. Et finalement, c’est un peu ça qui en fait un conte de fée, cette magie qu’est le fait que la présence d’un autre autrefois étranger rende notre existence plus belle que nous ne pourrions y prétendre si nous n’avions pas fait sa connaissance.

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10 Réponses to “Réflexions sur le conjoint idéal”

  1. Franck Delaby 27 juillet 2015 à 14:07 #

    Bonjour,

    Je vais écrire un article, m’autorisez-vous à inclure un lien vers votre blog sur le sujet du conjoint idéal ?

    Merci d’avance pour votre réponse! 😉

  2. lea7729 27 juillet 2015 à 10:13 #

    L homme parfait pour moi c est celui avec qui on peut parler de tout. La beauté vient en aimant.;)

    • Anonyme 27 juillet 2015 à 11:31 #

      Bonjour Mme léa,

      Simple, concis, clair mais essentiel.
      Bien à vous.
      Mr Franck Delaby.

    • plumechocolat 27 juillet 2015 à 15:03 #

      c’est ça la clé, trouver l’homme / la femme parfait(e) pour soi 😉

  3. Franck Delaby 26 juillet 2015 à 23:25 #

    Bonsoir,

    Je viens de lire votre article. Il est quelque peu léger, mais au final vous finissez par une belle note. Vous avez raison, lorsque vous décrivez les clichés qui conditionnent le désir du conjoint idéal (ou de la conjointe idéale pour les hommes). C’est triste à dire mais lors de la recherche d’un partenaire, on va s’imposer des critères de choix à l’image de celles véhiculées par les films que vous décrivez dans votre article. Films qui contrairement à votre réflexion, ne reflète pas la réalité, mais une réalité et la meilleure qui soit, car dans le relationnel comme dans les films, on va s’évertuer à susciter des émotions, et tant que se faire ce peut via des belles et beaux spécimens. La recherche d’un partenaire idéal va s’appuyer essentiellement sur soi et ses propres désirs, envies, projections et conceptions de la relation. Alors si durant toute votre prime jeunesse et plus tard, vous avez été bercé(e) par ces clichés, vous risquez de rechercher un idéal (modèle parfait) et de tomber dans la désillusion. Car il n’a rien de parfait et d’idéal en ce bas monde. C’est une vue de l’esprit dont le but est de satisfaire ses sens et donc ses émotions : Un beau blond grand, musclé, intelligent, charmant, attentionné, etc, est le genre de type idéal pour une femme, toutefois la réalité est tout autre, car on ne peut pas réunir toutes les qualités en une personne. Et ce que véhiculent les films, ne sont qu’un aperçu sans les vicissitudes du quotidien : le meilleur côté avec les meilleurs personnages. On joue sur l’image, comme tout à chacune et chacun va s’appuyer sur l’image pour rechercher l’être idéal, donc le paraître, en négligeant l’être (l’ âme de l’autre). La description que vous faites du conjoint idéal ne met en exergue que les aspects richesses extérieures (beauté physique, belle voiture, somptueux restaurants, vie de château et don de princesse et prince charmant). Seulement, il faut être plus réaliste et pragmatique, sans négliger le romantisme, en rapportant cela à sa situation et condition tout en s’appuyant sur la nécessité de construire une vie à deux avec pragmatisme, sens des réalités et du quotidien et si possible avec quelqu’un dont il faudra prendre le temps de la connaissance en adéquation avec ses affinités et en sondant l’être plus que le paraître pour envisager trouver le conjoint idéal ou la conjointe idéale. Et surtout en jetant aux orties tous ces clichés du prince charmant, de la princesse charmante, des films romantiques hollywoodiens ou autres qui ne reflètent en rien la réalité et qui ne sont qu’un cliché de carte postale ! Vous recherchez le conjoint idéal, alors commencez à vous questionner sur les raisons profondes d’une relation à deux et de la manière à la vivre en réalité et adéquation avec le quotidien et en commençant par rechercher l’être plus que le paraître : apprendre à se connaître et se découvrir humainement, en s’affranchissant du paraître. Rien ne vous empêchant de faire de votre relation un conte de fée, toutefois, il y a une réalité de vie qui englobe les vicissitudes du quotidien (contingences humaines et matérielles : travail, logement, alimentation, dépenses, contexte de vie, etc.) qui vous rattraperont et conditionneront votre relation. Il faut rester les deux pieds sur terre et la tête sur les épaules en entreprenant la recherche du conjoint (ou de la conjointe pour un homme) avec objectivité, réalisme, sens pratique et pragmatisme sans négliger le romantisme. Recherchez la beauté intérieure, plus que la beauté extérieure (mais si vous réussissez a trouver les deux, alors tant mieux, mais n’oubliez jamais que la perfection n’existe pas donc l’idéal non plus et par voie de conséquence le conjoint idéal ou la conjointe idéale !) Bien à vous 😉 Mr Franck Delaby.

    • jean 27 juillet 2015 à 09:03 #

      Mr Franck doit aimer s’écouter parler…
      En fait, l’expérience m’a appris que la plupart du temps on ne recherche ni ne choisit un conjoint. Il nous tombe dessus sans crier gare ! Ensuite, le couple dure si chacun des deux arrive à supporter la connerie de l’autre. Dans 95% des cas, il ne faut pas chercher plus loin…

      • Franck Delaby 27 juillet 2015 à 11:25 #

        Bonjour Mr Jean,
        J’ai bien pris note de votre commentaire. Sachez, pour commencer, que je m’évertue à commenter les articles qui m’intéresse et suscite réflexion. Mes commentaires reposent essentiellement sur l’observation, l’écoute, l’expérience, l’acquisition des savoirs, etc. et une capacité à penser par soi même. C’est à partir de tout ceci que je construis mes écrits et commentaires. Bien entendu, je n’ai pas la science infuse et je peux négliger certains aspects des choses, toutefois je m’efforce d’être objectif et réaliste. Je ne me contente pas de m’écouter parler, puisque chaque commentaire ou réflexion s’appuie sur ce qui est susmentionné ci-dessus. De plus, avant d’écrire je prends du recul et le temps de la structuration de ma réflexion pour éviter de tomber dans le commentaire pour le commentaire conditionné par un manque d’ouverture d’esprit, une subjectivité, une vision obtue ou bornée, etc, même si je peux transcrire sur l’instant une pensée, une réflexion sur des sujets divers et variés. Aussi votre expérience qui reflète une part de vérité et réalité, n’est qu’un pan d’un ensemble qui vous a aveuglé á savoir penser objectivement et à tirer un enseignement de votre ou vos expériences pour en faire une réflexion objective. Si, comme vous le dites, la rencontre est du hasard sans que vous vous y attendiez et sans la rechercher, il n’en demeure pas moins que vous avez la liberté et possibilité de l’entreprendre comme spécifié dans mon commentaire sur l’article le conjoint idéal. Vous avez la liberté de choix à faire ou non. Même s’il y a une part de hasard, c’est vous qui déciderez de la suite des événements, le tout c’est de le faire avec les méthodes et moyens adaptés en y excluant toutes ces niaiseries d’homme idéal, de femme idéale, de prince charmant, de princesse charmante, bref tous ces clichés qui altèrent la réalité relationnelle. On est toutes et tous des personnes à part entière avec nos défauts et qualités en condition et situation qui détermineront la capacité et la faculté d’entreprendre une relation en trouvant le ou la partenaire qui nous correspond. Maintenant, le relationnel est dépendant de soi et de l’autre en fonction de sa psychologie, sa physiologie, sa culture, ses convictions, ses conventions, ses ambitions, ses aspirations, sa raison et ses passions, etc. Tout ceci va déterminer une part du relationnel avant, pendant et après où l’expérience démontre qu’une relation se construit et s’entretient sur le temps, avec le risque des difficultés relationnelles liées aux contingences humaines et matérielles. Pour votre part, vous semblez avoir vécu une relation toxique au travers de votre écrit qui représente un pan de réalité et vérité. Oui les relations où on passe son temps à supporter l’autre et ses conneries existent, mais ce n’est pas la panacée ( et vous retrouverez cela dans tous les domaines où l’on coexiste les uns avec les autres), car comme dit précédent le principe d’une relation consiste à construire quelque chose à deux en vérité et authenticité, sans négliger les réalités de la vie et les difficultés qui s’y référent.
        Donc sachez Mr Jean, que je ne m’écoute pas parler, je m’efforce d’écouter parler pour m’imprégner de choses et des gens, en tirer un enseignement, un enrichissement et de pouvoir utiliser mon intelligence dont le principe moteur est connaître et comprendre pour apprendre et surtout surprendre sans se méprendre. Essayez à votre tour d’en faire de même. Apprenez à écouter, à observer, à connaître, à savoir, à tirer un enseignement objectif de vos expériences, des choses, des autres, etc. Alors vous réussirez à penser par vous même et à élaborer une réflexion que vous pourrez mettre par écrit par souci de partager, d’échanger, de discuter, bref de vous sentir en vie et vivant en, dans et pour tout.
        Bien à vous Mr Delaby Franck.

    • plumechocolat 27 juillet 2015 à 16:49 #

      Bonjour, mes articles sont volontairement légers, ils sont des pensées formalisées selon mes envies du moment. Je ne cherche pas à établir une vérité, juste à livrer un point de vue partiel et partial sur des questions que je ne suis certainement pas seule à me poser. Les références au prince charmant et autres mythes sont surtout de l’humour participant de cette légèreté.

      • Franck Delaby 27 juillet 2015 à 17:13 #

        Bonsoir,

        Merci de la précision, je comprends mieux votre contenu dans le fond et la forme. Originale cette approche de réflexion partielle, partiale volontaire et formalisée. En attendant j’avais vu juste, sans avoir conscience de votre méthode d’écriture. Maintenant, je le saurais ! Sinon, sachez que cette légèreté doublée de cette pointe d’humour, n’enlève en rien quelques points très intéressants que vous traitez avec justesse, sans y apporter une vérité, car la vérité est propre à chacune et chacun en condition et situation, l’essentiel étant d’être dans la réalité par la compréhension de ces choses existentielles dont tout le monde se pose certainement les mêmes questions sans trop savoir comment y répondre tant cela fait appel à l’humain et à toute sa complexité dans sa dynamique de vie et d’envies.

        Bien à vous.

        Mr Franck Delaby.

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