Kiki, le Montparnasse des années folles

7 Août

KIKI-visuel-avec-ext_presse

Le personnage de Kiki de Montparnasse est en vogue cette année puisque pas moins de 3 spectacles lui sont consacrés sur les scènes parisiennes. J’ai donc eu l’occasion de découvrir la vie de cette femme au nom évocateur mais à l’histoire méconnue au Théâtre de la Huchette, avec Milena Marinelli pour incarner celle qui naquit en 1901 sous le nom d’Alice Prin. Non reconnue par son père, délaissée par sa mère, c’est sa grand-mère qui l’élève jusqu’à 12 ans, âge auquel elle débarque à Paris, passant de la pauvreté entourée de l’amour de sa grand-mère à la pauvreté plus rude d’uneville très vite confrontée aux temps de guerre.

Le spectacle retrace ainsi son parcours de sa naissance au summum de son succès, sans occulter aucune des difficultés de la petite fille devant travailler dès ses 12 ans pour gagner son pain, mais sans pathos non plus. Passant de place en place, elle se retrouve finalement renvoyée vers 15-16 ans, et elle pose nue également chez les peintres encore sans le sou du Montparnasse de la Belle-Epoque pour gagner quelques francs. Cela lui vaut d’être chassée par sa mère et d’accompagner le soir l’une de ses amies qui d’ores et déjà cède ses charmes contre un bout de couverture et un morceau de pain. Rapidement, Chaïm Soutine, rencontré à la Rotonde, l’héberge mais c’est avec le peintre Maurice Mendjizki qu’elle deviendra véritablement femme.

Sa fréquentation régulière de la Rotonde lui permet de poser pour les futurs plus grands peintres, et de rencontrer Man Ray en 1921 qui l’immortalisera dans sa célèbre photo du violon d’Ingres et deviendra son amant. Tout le spectacle est pimenté d’anecdotes tendres et de détails réels ou inventés sur ses sentiments envers les hommes et les femmes qui faisaient Montparnasse dans le Paris des années 20, sur la rivalité avec Montmartre, sur ses rencontres et la façon dont elles ont façonné son destin. Et incontestablement, celle avec Man Ray fut déterminante, dans un jeu passionnel et destructeur de « je t’aime moi non plus », mais aussi dans le statut conféré par son statut de maîtresse officielle.

1575534-kiki-de-montparnasse-dans-le-violon-d-ingres

Accompagnée par Ariane Cadier, Milena-Kiki nous offre également des chansons tantôt fraîches, tantôt mélancoliques, issues du répertoire de l’époque, ou interprétées par l’artiste elle-même lorsqu’à la fin des années 20, son grain de voix remarqué les soirs de beuverie la conduit à compléter ses revenus en devenant danseuse de cabaret, avant de devenir propriétaire de son propre établissement en 1936. Là encore, les récits de soirées folles en compagnie des artistes qu’elle considérait comme ses amis fleurissent, recréant cette ambiance de soirées très alcoolisées et de danses parfois très osées. Les spectateurs peuvent s’imaginer, aidés par la musique et quelques photos, l’ambiance de cette ville qui a bien changé.

De façon sommaire, toujours pour garder vive l’évocation de la combativité et du caractère un peu exceptionnel de cette femme, sa déchéance progressive, du fait de l’abus d’alcool et de nourriture, est racontée rapidement. Toute la pièce est réellement un hymne à la vie qui donne envie de surmonter les épreuves comme l’a fait cette jeune femme que rien ne prédestinait à une telle renommée. Un moment frais, léger et agréable, plein d’humour et de mélodie.

Plus d’infos :

  • Kiki, le Montparnasse des années folles, du mardi au vendredi à 21h et le samedi à 16h
  • Théâtre de la Huchette – 23 rue de la Huchette, 75005 Paris
  • http://www.theatre-huchette.com/

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Étale Ta Culture !

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :