Quand souffle le vent du Nord

23 Oct

affiche-quand-souffle-le-vent-du-nord-200x300

Que vous ayez lu ou pas lu le best-seller allemand « quand souffle le vent du nord » de Daniel Glattauer, vous pouvez sans aucune crainte venir voir cette pièce au Ciné 13 Théâtre, qui comme le savent ceux qui me lisent régulièrement, est l’une de mes salles préférées, surtout les trois premiers rangs équipés de moelleux et larges canapés et fauteuils rouges en cuir. Si toutefois pour une raison ou une autre, vos craintes demeurent malgré cette première recommandation, vous devriez ressortir heureux(se) de votre soirée si : vous avez envie de rire, vous aimez les échanges épistolaires, vous vous interrogez sur l’amitié homme-femme, vous appréciez les spectacles sans temps mort, vous êtes curieux des relations 2.0, et plus encore si vous avez répondu intérieurement oui à plusieurs de ces propositions.

Quand souffle le vent du nord, c’est donc l’histoire d’Emmy, qui, en voulant résilier par Internet son abonnement à un magazine semble-t-il un peu vieillot (type Veillée des Chaumières pour les connaisseurs), se trompe d’adresse et envoie sa demande à Léo en intervertissant 2 lettres. N’ayant pas de réponse de l’éditeur du magazine, elle insiste jusqu’à ce que Léo prenne la peine de lui signaler l’erreur. De là va naître une correspondance par e-mail d’abord distante et espacée puis de plus en soutenue et rapprochée.

D’abord l’un et l’autre sur la défensive, ces deux personnages au caractère bien trempé, chacun à sa manière, vont progressivement apprendre à se connaître, d’une façon finalement assez atypique puisque partant d’un banal échange à propos d’un titre de presse, avant d’assumer au fur et à mesure des échanges de courriels leur souhait d’en savoir plus sur cette mystérieuse personne de l’autre côté de leur ordinateur. Une amitié étrange se crée ainsi, loin des clichés des sites de rencontres, loin aussi des amitiés homme-femme plus classiques. Avec tout de même son lot d’ambiguïté liée à la curiosité croissante de l’un envers l’autre et à une certaine forme d’impatience face à la réception du prochain message.

L’écriture et l’évolution de la relation entre Léo et Emmy sont finement analysés. mais surtout, le passage du papier à la scène est une véritable réussite, alors même que, étant chacun derrière son ordinateur, les deux correspondants ne se rencontrent jamais. Bien sûr, ce principe d’échanges épistolaires portés sur les planches n’est pas une première, mais il constitue toujours un défi pour conserver l’essence ou l’intensité du roman ou des lettres dans d’autres cas sans trahir l’esprit du texte mais en introduisant plus de rythme que lors d’une simple lecture. Ici, la mise en scène de Judith Wille avec des petites tables faciles à bouger et réagencer donne une impression de mouvement perpétuel. Et la diction rapide et charmante de Caroline Rochefort avec son charmant accent du sud pour parler du vent du nord, combinée au ton posée et souvent autoritaire de Stéphane Duclot, permettent de créer une belle énergie communicative.

En tant que spectateurs, on trépigne assez rapidement avec eux dans l’attente de la prochaine réponse à venir comme l’on surveillait le téléphone enfants ou adolescents dans l’attente du coup de fil important du jour. Une comédie enlevée et pétillante dont vous auriez vraiment tort de vous priver si vous êtes à portée de théâtre.

Plus d’infos :

  • Quand souffle le vent du Nord, jusqu’au 23 janvier 2016, du mercredi au samedi à 19h30 ou 21h, le dimanche à 16h30
  • Ciné 13 Théâtre, 1 avenue Junot, 75018 Paris
  • http://www.ventdunord-talonpourpre.com/

Publicités

2 Réponses to “Quand souffle le vent du Nord”

  1. blogdemissbavarde 23 octobre 2015 à 23:21 #

    J’ai lu le livre et bah j’ai difficilement un avis là dessus je sais pas du tout quoi en penser c’est bizarre leur relation je trouve ! Limite je trouve ça malsain je sais pas expliquer !!

    • plumechocolat 26 octobre 2015 à 12:28 #

      Oui c’est étrange mais ça existe dans doute plus qu’on ne le croit les relations ambiguës de personnes déjà en couple

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :