Même pas en rêves

6 Nov

meme_pae_en_reve_ws1030749639

Même pas en rêves, c’est l’histoire de 4 personnages cabossés par la vie, qui gravitent autour de Léandre, l’également auteur de la pièce Lilian Lloyd, un dépressif familier des tentatives de suicides, mais aussi en apparence le plus clairvoyant des quatre amis. Il héberge Denis (interprété par Alex Metzinger), prostitué homosexuel cœur d’artichaut ayant une fâcheuse tendance à tomber amoureux de ses clients, également frère de Gabrielle, l’ex-amoureuse de Léandre, que ce dernier a quitté par lâcheté ou par peur ou les deux. Gabrielle (magnifiquement incarnée par Marine Guton) est boxeuse mais a atteint ses limites et découvrira sa fragilité et la nécessité de tourner une page pour en écrire une autre. Celle de la boxe, mais sans doute aussi celle de son amour toujours existant pour Léandre, même si elle vit avec un autre, un moins fragile sans doute, un avec qui elle n’a pas ce sentiment permanent de danger qui la stimule.

Et puis il y a Viviane (Clarisse Fontaine), mère au foyer désœuvrée et malheureuse, qui se sait trompée mais ne se sent pas la force de prendre sa vie en mains et s’accroche à son père inéluctablement mourant comme à une bouée de sauvetage. Seulement, le souci de s’accrocher à une bouée avec un trou dedans, c’est qu’elle se dégonfle et qu’alors, il ne reste plus qu’à nager ou couler.

Au fond, hésiter entre nager et couler, c’est ce qui réunit ces amis borderline, qui tour à tour s’aiment sans s’aider ou s’aident sans s’aimer. Et qui émeuvent souvent assez profondément. Parce qu’ils touchent à des ressentis, des impressions, des évènements que nous avons quelque art tous vécus ou vu vivre par d’autres. Parce qu’ils montrent des failles exacerbées, mais aussi des émotions exacerbées et des comportements exacerbés qui ne peuvent pas laisser indifférents. Qui franchissent même parfois les limites du réalisme dans le cas de Viviane dont la lente descente dans le précipice est le seul bémol à la réussite de la pièce parce que trop caricaturale. Mais qui sont toujours vécues avec sincérité par ces comédiens.

Et puis surtout, progressivement, les caractères se dessinent et les plus forts ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Les plus fous non plus. Un voyage au pays d’une génération perdue où le spectateur peut se retrouver, lui.

Plus d’infos

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :