Finissons-en… c’est mieux pour vous

17 Nov

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J’avais prévu d’écrire cette chronique depuis quelques jours déjà, procrastinant gentiment, jusqu’au soir du 13 novembre. Et puis le soir du 13 novembre est arrivé l’indicible, et parler de ce spectacle ce jour-là précisément eut été lui nuire. Au-delà du fait que l’envie d’en parler tout en suivant l’actualité minute par minute s’est très très rapidement estompée. Il y a un temps pour tout et celui de parler de « finissons-en… c’est mieux pour vous » n’était pas vendredi dernier.

Quelques jours après, j’avoue que c’est toujours compliqué de faire l’éloge d’un spectacle qui parle d’un tueur à gages. Parce que l’unique personnage de la pièce, Léonard, est un homme qui s’apprête à commettre son 100ème crime sur commande. Pas le genre de sujet qui à l’heure actuelle risque de faire accourir les spectateurs. Mais malgré la difficulté à jouer un tel rôle après le 13 novembre, cette création est intéressante, originale, bien interprétée, et il serait injuste pour Pascale Brun, l’auteure, et Thierry Debrune, le comédien, de passer leur travail sous silence parce que l’indicible s’est produit. Aussi ai-je choisi d’en parler, malgré tout, quoi qu’ils décident pour la suite des représentations dans le climat tendu qui donne un relief étrange et particulier à ce qui était original et audacieux.

Nous voyons donc dans cette pièce ledit Léonard arriver sur la scène du meurtre qu’il s’apprête à commettre, l’appartement décoré avec style d’un riche homme d’affaires. En avance comme il se doit, très en avance même puisque la victime est sortie pour un dîner d’affaires qui peut s’éterniser. Aussi notre professionnel profite-t-il de ce décor accueillant pour prendre ses aises, en dégustant posément une bonne bouteille de whisky. D’abord sur ses gardes, posant la situation pour le public, il se laisse progressivement aller aux confidences.

Des confidences pour le moins inattendues, puisque, passées les quelques anecdotes les plus croustillantes sur ses faits d’armes passés, il livre sa solitude, ses petits plaisirs aussi, ses limites puisque les tueurs à gages ne se sentent pas capables de tout accepter, et puis surtout, ce qui l’a amené à exercer ce métier destructeur. Avec au passage des réflexions amusantes sur la sécurité de l’emploi et son régime fiscal, et puis sa façon d’imaginer la vie de celui qu’il attend un pistolet à la main, de tenter de deviner qui peut bien souhaiter son décès et pour quelle raison. Autant de sujets finement introduits et analysés. Et le tout se déroule avec fluidité, comme une pelote de laine neuve et sans nœuds, porté avec constance par Thierry Debrune.

Pas de sensationnalisme ni de violence dans les propos, juste un thème complexe en ces semaines perturbées, mais qui vaut tout de même le détour.

Plus d’infos :

  • Finissons-en… c’est mieux pour vous, jusqu’au 17 décembre 2015, le jeudi à 21h15
  • Théâtre Le Proscénium, 2 passage du Bureau, 75011 Paris
  • http://www.finissons-en.com/
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2 Réponses to “Finissons-en… c’est mieux pour vous”

  1. JCM (@jchmfly) 17 novembre 2015 à 22:18 #

    j’avoue j’ai craint le pire et lisant le titre.
    il faut dire que l’époque incite à imaginer que le pire est toujours possible.
    et puis je suis soulagé qu’il s’agit plutot d’humanité. Pas la meilleure partie de l’humanité, mais humanité tout de meme..
    Merci

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