Mes nuits à t’attendre

17 Nov

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Vendredi 13 novembre 2015. Une envie de théâtre. Une pièce dans ma présélection des pièces que j’ai envie de voir (oui, je suis un peu une afficionada des listes mais passons). Un titre presque prémonitoire pour la soirée à venir. Et un gros coup de chance. Parce que le Laurette Théâtre où se joue cette pièce se situe rue Bichat à 10 mètres du restaurant « le petit cambodge » qui bientôt servira de cible à des terroristes. Mais là il est 20h et tout se déroule bien de A à Z pour cette pièce qui dure environ 1h. Le public et les comédiens ont quitté les lieux avant le drame. Le spectacle suivant a été visiblement épique mais aux dernières nouvelles, le personnel du théâtre a su gérer l’urgence et mettre tout le monde à l’abri. L’attente sera pour plus tard donc, celle, interminable, de comprendre ce qui se passe prostrée devant les sites d’informations. Là, il est temps de parler de ce spectacle.

Les nuits à attendre, ce sont celles de Lilly, comédienne ayant beaucoup sacrifié pour soutenir son conjoint, Cédric, et le promouvoir, par sa présence et surtout par ses relations, au rang de scénariste en vue. Seulement, Cédric n’aime plus Lilly, alors il la fait attendre interminablement, le soir ou plus longtemps. Et elle oscille entre peur, chagrin et colère, seule sur le canapé. Ne sachant pas s’il ne décroche pas son téléphone parce qu’il a eu un accident, qu’il lui est infidèle ou juste par caprice. Et elle alterne les tons dans ses messages, de l’inquiétude aux menaces, des supplications de donner de ses nouvelles aux soupçons qu’il est avec une autre, de l’ordre de la rappeler aux excuses.

Et rien ne s’arrange lorsqu’il rentre finalement, très tard le soir où se déroule la pièce. Là aussi, elle tentera toutes les approches possibles pour comprendre ce qui se passe. Mais Cédric lui opposera un silence oppressant, qui fait réellement froid dans le dos en tant que spectateur. Et montre à quel point le mutisme est destructeur. Plus que toute engueulade ou insulte. Il est l’ultime violence envers une personne perdue et sans explications. Parce que Lilly a beau être une femme forte, subtile, intelligente et moderne, elle a beau faire preuve de patience, la muflerie de son conjoint la place dans un état qui franchit les limites du tolérable.

Ce jeu pervers semble interminable, et Julien Romano campe avec brio cet homme silencieux et totalement détestable, face à la très sincère Coralline Lhermitte qui se décompose progressivement, perdue entre l’hébétude face à la situation et les sentiments de tristesse et d’enfermement ultimes. Elle fera tout pour le pousser à rompre le silence… sans savoir où ce jeu atroce les mènera tous deux.

Une pièce qui aborde avec intelligence la thématique des couples brisés et de l’enfer qui peut s’y vivre, de l’amour, de la cruauté, mais aussi de la complexité de réellement condamner même les personnes en apparence les plus rustres. Un vrai moment d’émotion.

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