Des aberrations vestimentaires

25 Jan

t shirt squelette

Janvier est, comme chacun d’entre vous le sait sans doute, le mois des soldes, et, comme il est concomitant du mois des bonnes résolutions et du retour du froid après un mois de décembre presque printanier, l’occasion de repartir du bon pied avec des chaussures et une garde-robe renouvelées.

C’est donc avec enthousiasme que comme de nombreuses autres personnes, je suis rentrée à cette occasion deux-trois fois le week-end aux heures d’affluence dans des chaînes de magasins implantées partout dans le monde occidental pour trouver les quelques pièces me permettant de marquer mon originalité (je ne crains aucun paradoxe, je vous le concède). Et j’ai en effet trouvé de l’originalité, mais pas exactement celle à laquelle j’aspirais. Au final, j’ai donc racheté un seizième tee-shirt noir et un sixième pull rouge (le style Jeanne Mas est redevenu original paraît-il) pour bien montrer que non, je ne suis pas gothique, je trouve juste le noir pratique mais j’aime aussi la couleur. Et puis dans une audace sans nom, à ma deuxième expédition soldes, un peu dépitée, j’ai aussi acheté un haut rouge qui sera parfait au bureau sous une de mes 4 vestes noires (bis repetita).

Mais je ne voudrais pas vous priver totalement des différentes surprises modesques qui ont suscité tour à tour des mouvements étranges de mes yeux, des moues de dégoût, des fous rires incontrôlables ou l’envie de pleurer.

J’ai d’abord découvert que le t-shirt court qui laisse apparaître la moitié du ventre était revenu à la mode, chose qui n’aurait JAMAIS dû se produire en premier lieu, mais qu’en plus il avait désormais un nom anglicisé pour lui donner un style fashion : le t-shirt cropped. Si on traduit en français, ça donne chemise en forme de t coupée courte. Tout de suite, ça sonne nettement moins glamour et on s’imagine plus aisément les bourrelets de la petite ronde et la peau sur les os de la grande perche au régime apparaître pour le grand (dé)plaisir des yeux de chacun. Sans compter que porter un t-shirt qui laisse le ventre à l’air par -2°C, c’est évidemment totalement logique. Surtout sous un pull, un coll roulé et une doudoune. Evidemment, pour assortir au t-shirt cropped, il y a des pulls cropped (imaginez un truc que votre grand-mère vous aurait offert en oubliant de finir de le tricoter) et la veste cropped (imaginez-vous à un rendez-vous professionnel vital pour votre carrière avec une veste que l’on croirait piquée à votre petite sœur).

J’ai aussi eu l’occasion de croiser pas mal de pantalons hideux qui pour moi étaient réservés au ménage du dimanche ou aux travaux de peinture, et encore. Parmi ces trouvailles, on voit un revival du pantalon à élastique au lieu du traditionnel couple bouton-braguette. Personnellement, les pantalons à élastiques, je n’en porte plus depuis mes 4 ans, et je n’aspire pas du tout, mais alors vraiment pas du tout à m’habiller de nouveau comme à l’époque. Parmi ces pantalons à élastiques, il y a même pire, le pantalon à élastique à imprimé fauve / exotique / ethnique / girly qui ressemble à s’y méprendre à un bas de pyjama. Mais que l’on est supposées, nous les femmes modernes assumées, la tête haute sous les rires (à juste titre) non dissimulés de la foule. Et qui même une fois soldés coûtent le prix de 4 vrais bas de pyjamas. Et puis enfin, à l’opposé de ces pantalons amples, le jegging semble vouloir s’incruster. Pour celles qui auraient raté cela, le jegging est un machin ultra moulant qui ne ressemble absolument à rien et fait apparaître chaque gramme de cellulite et atrocement ressortir les fesses en tissu de jean (on imagine donc l’angoisse les jours de pluie avec le mix tissu déjà collant et épais + eau) et se termine lui aussi par un élastique. Mais comme en plus il est dans une taille standardisée, parfois il se forme un pli en haut parce qu’il y a trop de hauteur de tissu depuis l’entre-jambes par rapport à la hauteur de la taille (oui, c’est un peu technique et en plus ça parle d’endroits qui vont faire jaser certains, mais dans la mode, il faut bien expliquer en termes compréhensibles et visuels).

Après avoir vu des vrais-faux pantalons de pyjama, je me suis aventurée dans les vêtements de nuits pour découvrir que le pilou faisait plus que fureur. Et à l’autre extrémité les tenues indescriptibles, en voile fin avec du satin, des fines chainettes en métal ou parfois les deux, manquant cruellement de distinction, et que l’on aurait mêmesans doute refusé dans les appartements de la rue Saint-Denis à la Belle-Epoque. Bref, pour en revenir au pilou, il envahit les rayons des marques de façon totalement incompréhensible. Qui plus est dans des couleurs bien voyantes type rose surligneur ou vert anis. Avec des imprimés de personnages infantiles, et pas forcément dans des chaînes réservées aux adolescentes. J’ai même vu, comple de l’horreur, un pyjama en une pièce avec un zip comme ceux que portent les bébés mais en taille adulte et avec une capuche nounours (qui n’était pas totalement sans rappeler les costumes ridicules dont sont affublés certains hommes pour leur enterrement de vie de garçon, coutume stupide s’il en est mais c’est un autre sujet).

Pour le reste, je ne détaillerai pas autant chaque article, sinon nous en aurions pour la nuit, moi pour écrire, vous pour lire, mais j’ai pu « admirer », entre autres perles du prêt-à-porter : des articles couleur indescriptible tendant vers le jaune (un mélange de moutarde, de jaune et d’ocre avec une touche de vert cacadoigt), un haut noir duquel pendaient des fils fins noirs descendant jusqu’aux chevilles (rappelant le style années folles mais en ratage complet), un manteau à capuche avec doublure en fausse fourrure rose pétard, des jupe-culottes (oui, oui, ces trucs horribles totalement impratiques qui ont traumatisé toutes les filles dans les années 1990), des pulls ressemblant à des châles d’arrière grand-mères, des t-shirts dont les côtés n’avaient volontairement pas été cousus depuis le dessous de la poitrine jusqu’en bas, et même une jupe à longueur variable, courte sur un des côtés, longue de l’autre.

Je vous épargnerai mes trouvailles en matière de chaussures pour cette fois, ayant cru voir pire sur la collection printemps-été. Notez qu’au final, ma carte bleue et mon conseiller bancaire se sont fortement réjouis de ma modération. Jusqu’à ce que de dépit, je rentre dans une librairie et fasse une razzia.

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Une Réponse to “Des aberrations vestimentaires”

  1. nathalie 30 janvier 2016 à 11:37 #

    Moi j’ai trouvé des bottines bleues dont je suis très contentes !

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