Les anciennes odeurs

31 Jan

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Appréciant beaucoup le théâtre québécois, j’ai été ravie d’apprendre qu’un texte de Michel Tremblay, l’un des auteurs contemporains en vue de ce théâtre, allait être joué à Paris. Sans réellement me renseigner sur l’histoire, je me suis donc rendue ce week-end au Théâtre du Marais, charmante petite salle située près du magnifique bâtiment du Conservatoire des Arts et Métiers. En sachant juste qu’il s’agissait des retrouvailles entre deux hommes qui s’étaient autrefois aimés.

Ces deux hommes, ce sont Jean-Marc, professeur de français à l’université et écrivain aspirant à la reconnaissance, la quarantaine sereine, et Luc, acteur à peine trentenaire (s’il l’est), qui s’est fait connaître grâce à une série TV à succès et a la nostalgie de la scène. Ils ont vécu 7 ans d’amour tous les deux, la grande histoire de leur vie. Jusqu’à ce que les infidélités du jeune homme, découvertes par son conjoint, n’aient raison de leur couple. Depuis, Jean-Marc, en homme posé monogame, a refait sa vie, tandis que Luc est resté seul. Et cette solitude lui pèse assez pour revenir dans la maison qui contient les anciennes odeurs de leur relation.

Cette pièce est donc un dialogue entre deux personnes qui se sont aimées, qui d’une certaine façon s’aiment toujours, qui en tout cas sont unies parce qu’elles se sont construites ensemble avec une même soif d’apprendre, Jean-Marc en transmettant son savoir, Luc en transmettant son art de l’insouciance et du lâcher prise. Dans leurs discussions, si en premier lieu, on a l’impression que Luc a besoin de l’aide et de l’écoute d’un vieil ami, il apparaît rapidement que chacun des deux peut à la fois aider et faire plonger l’autre. Et aussi qu’ils éprouvent ce plaisir merveilleux à manier la joute verbale.

Mais derrière le service demandé au professeur d’université, derrière les piques et les provocations, derrière les éclats de voix et les mots doux lorsqu’ils relisent leur passé, c’est aussi l’avenir de leur relation qui se joue. A chaque mot, à chaque phrase, à chaque silence aussi. Sur un texte qui aborde intelligemment un certain nombre de sujets – outre l’homosexualité – tels que la mort, les relations familiales, la vision du couple, l’amitié, l’ambition, la séduction et sans doute encore d’autres que j’oublie.

Cette discussion à bâtons rompus entre l’excellent Yannick Debain et le nonchalant (et souvent assez inégal d’une scène à l’autre) Marwan Berreni se déguste avec plaisir, comme un chocolat resté dans la boîte sans que personne ne le remarque. Alors profitez-en en prenez le.

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