Days of nothing

5 Fév

IFSI THEATRE (GAUCHE)

Il est de ces jours de rien que quelques personnes, unie pour l’art et le public, peuvent transformer en jours magiques. C’est le cas des mots de Fabrice Melquiot mis dans la bouche des comédiens de la Compagnie du Veilleur. Le tout dans un magnifique décor avec un travail impressionnant sur la vidéo en arrière plan, dont je ne saurais pas sire qui les ont réalisés parmi toutes les personnes citées sur la page Internet du spectacle, ne différenciant pas bien chaque fonction des coulisses (ce qui est fort dommage, je vous l’accorde, il se peut que je creuse la question ici dans quelques temps). Toujours est-il qu’avant même que la lumière s’éteigne dans le salle, le public et déjà plongé dans l’univers de cette salle de cours d’un collège d’on ne sait trop quelle banlieue d’on ne sait trop quelle ville.

Et c’est là que l’on découvre Rémi Brossard, écrivain ayant déjà acquis une petite notoriété, qui se trouve en résidence d’écriture dans ce collège pour six mois, avec pour contrainte d’y passer physiquement au moins une semaine sur quatre. Seulement, l’idée ne l’enthousiasme guère et le cadre ne lui semble pas propice à son inspiration d’écrivain du « rien » comme il ambitionne de le devenir. Parce que Rémi Brossard tient le style et l’ambition littéraire pour supérieurs à l’existence d’une trame en elle-même, et considère comme vulgaire le fait de céder aux aspirations du public de lire des récits simples avec une histoire (si vous n’avez rien compris, c’est que j’ai réussi à écrire comme Rémi Brossard, et en fait, pour résumer, l’écrivain est un lecteur de Télérama qui préfère la forme au fond quand il pond un bouquin).

Seulement, cet homme un peu blasé ayant accepté cette expérience uniquement pour les 1 500 euros mensuels qu’elle lui rapporte, qui aime à prendre les collégiens de haut lorsqu’il est invité à les rencontrer au CDI, va se faire un peu bousculer par deux d’entre eux. d’abord par Maximilien, jeune blond rebelle à la verve impressionnante et au verbe bien pesé. Puis par Alix, jeune fille rousse aux longs cheveux espiègle et ayant elle aussi la langue bien pendue. Tout en feignant l’indifférence, l’écrivain va petit à petit se laisser entraîner par ces deux adolescents singuliers, curieux, atypiques et très malins.

Il est difficile de dévoiler plus d’éléments sans trahir les surprises et rebondissements de la pièce superbement écrite par Fabrice Melquiot. Et il serait vraiment dommage de trahir cela et d’empêcher qui que ce soit d’aller la voir avant le 13 février, ou après si – et je le souhaite – une autre salle le programme. Ou au moins de lire ce texte croustillant et savoureux. Parce que du début à la fin, tout est parfait. En particulier Hélène Chevallier, qui interprète tour à tour les deux collégiens avec un naturel et un talent fascinants, tant dans le débit que dans les intonations « djeuns » de Max que dans la provocation pas toujours si innocente d’Alix. L’interaction avec Philippe Canales, parfait en auteur blasé et un tantinet arrogant, fonctionne à merveille. Le rire est de la partie du début à la fin, le suspense aussi, la curiosité enfin pour cette pièce qui est d’ores et déjà inscrite dans mes coups de coeur de l’année.

J’en suis ressortie avec une énergie et un enthousiasme qui m’ont portée pour le reste de la semaine, et je vous souhaite à vous aussi votre petit bonheur du jour, avec ou sans le théâtre Paris-Villette.

Plus d’infos :

 

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