Les cavaliers

9 Fév

affiche

Adapter un roman au théâtre, qui plus est d’un auteur aussi connu que Joseph Kessel (même si j’avoue à ma grande honte, quoique en réalité sans réellement de honte, ne pas avoir lu quoi que ce soit de lui), n’est pas chose aisée. Mais rien ne fait peur aux créateurs du spectacle vivant amoureux de littérature, et Eric Bouvron s’est donc prêté au double jeu de l’adaptation et de la co-mise en scène de cette œuvre, dans laquelle il joue également.

En Afghanistan (avant tous les problèmes que connaît le pays aujourd’hui, oui, je m’intéresse à la géopolitique même si je n’y connais rien) Ouroz, fils du grand Toursène, est un cavalier froid et fier, que rien ne semble pouvoir atteindre. Et pourtant, lorsqu’il apprend qu’il sera maître du cheval de son père s’il gagne le bouzkachi du roi – le plus grand tournoi du pays – il part avec une farouche détermination à emporter ce trophée. Seulement, il tombera malencontreusement de cheval, et son équipe sera victorieuse grâce à un autre de ses cavaliers qui réussira à monter sur le magnifique étalon.

Désireux de prouver ses capacités et son courage malgré cet incident, Ouroz, interprété par le très talentueux Grégori Baquet (oui, je suis une groupie d’acteurs moliérisés) s’enfuira de l’hôpital sans avoir été soigné et fera le choix de rentrer à dos de cheval en empruntant les steppes avec son fidèle mais félon serviteur Mokkhi qui rêve de s’emparer de Jehol (le cheval). Ce duo maître-serviteur donnera des étincelles, surtout lorsque Mokkhi s’éprendra d’une femme ambitieuse conspirant à tuer Ouroz, rôle porté avec conviction par la comédienne Maïa Guéritte.

Cette grande épopée est accompagnée par les bruitages et la musique originale composée par le talentueux Khalid K, expert en hennissements, chants berbères et autres surprises mélodieuses. Sa présence sur scène permet aux spectateurs de vivre pleinement le voyage comme s’ils étaient aussi en plein désert, entre chaleur accablantes et tempêtes, au coeur des rencontres improbables avec des nomades, des sages, et des habitants des villages traversés.

Afin d’incarner ces personnages, chacun des 3 comédiens endosse successivement plusieurs rôles avec une agilité étonnante, leurs voix et attitude se modifiant à peine leur veste ou turban changé (les changements se faisant de surcroît à vue). Pendant 1h30, on se laisse donc porter par ce périple déclenché par une lutte d’orgueils entre un père qui ne sait pas aimer et en deuil de son autre fils et un fils qui craint son père et veut en obtenir enfin de la reconnaissance, en vain cependant, au point de mettre plusieurs fois sa vie en danger. Une histoire et une mise en scène étonnantes qui font oublier la grisaille parisienne le temps d’une soirée.

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