Illusions

10 Avr

illusions

Illusions, c’est l’histoire de Dennis et Sandra et Albert et Margaret, deux couples de plus de 82 ans mariés depuis plus de 52 ans. Illusions, c’est l’histoire de 4 personnages qui ont vécu en éprouvant l’amour. Illusions, c’est l’histoire de ce que quelques phrases ont le pouvoir de produire. Illusions, c’est l’histoire de la quête de soi-même. Bref, Illusions, c’est l’histoire d’énormément de choses. Qui tournent principalement autour du fait d’aimer. Et de la question de savoir si l’amour peut ou ne peut pas exister sans réciprocité. Vous trouverez peut-être ce résumé étrange, et il l’est volontairement, parce que cette pièce est une sorti d’OTNI (objet théâtral non identifié). Et c’est précisément pour cette raison qu’elle est passionnante.

Si l’on reprend les choses un peu dans l’ordre, Dennis, 82 ans, sur le point de mourir, appelle sa femme Sandra, qu’il aime depuis 52 ans, pour lui dire cet amour avant de s’éteindre. Un an plus tard, c’est au tout de Sandra d’être mourante, et, n’ayant plus son mari, elle appelle Albert, le meilleur ami de son mari, marié à Margaret, pour lui parler elle aussi avant de pousser son dernier souffle. Ce qu’elle va dire va chambouler Albert, qui va ensuite parler à sa femme Margaret. Laquelle, étant « dotée d’un très bon sens de l’humour » comme le souligne bien l’excellent texte d’Ivan Viripaev, va lui faire une réponse qui va le chambouler encore plus. De ce chamboulement va naître une rétrospective de ces cinquante années et des poussières qui ont vu les 4 protagonistes et amis évoluer. Le tout au service de la question fondamentale précitée sur l’existence de l’amour sans réciprocité.

Evidemment, puisqu’il y a 4 personnages, il fallait 13 comédiens dans la mise en scène de Galin Stoev, parce que la plus pure simplicité aurait très certainement été moins belle à voir. Et ces 13 comédiens réussissent une très jolie performance, en faisant revivre les dialogues et les interrogations de ces 2 hommes et de ces 2 femmes, dans une parfaite synchronisation et avec une fraîcheur n’ayant d’égale que leur jeunesse. Il est difficile de restituer de ce fait l’impression produite par ce parti pris autrement qu’en disant que le fait d’avoir tantôt 1, tantôt 2 et tantôt 3 personnes pour en incarner une donne un rythme enlevé et frais qui est pleinement au service de cette pièce atypique. Le texte fait beaucoup réfléchir, tout autant qu’il fait rire souvent et émeut parfois. Parce qu’il est difficile d’être insensible à une histoire qui parle de ce qu’est l’amour dans toute sa plénitude, sauf à être chef de file des anti-romantiques, et qui aborde du même coup les questions de l’amitié, de l’intégrité et de la confiance. Avec, cerise sur le gâteau, des pauses musicales bien choisies.

Pour profiter de ces illusions, il faut laisser ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir au vestiaire, y rajouter son attachement à l’académisme, et se laisser porter par ces jeunes qui savent déjà très bien ce qu’ils font. A ces conditions, vous devriez ressortir tout aussi enchantée que je l’ai été. Voire plus si cela est possible.

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