Célimène et le cardinal

8 Mai

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Occuper la 6ème place du 6ème rang un 6 du mois aurait pu être de mauvais augure. Fort heureusement, la Comédie Bastille avait prévu pour exorciser le sort la présence d’un cardinal sur scène, et pas n’importe quel cardinal puisque celui-ci n’est pas moins que l’égal de Mazarin (Mazette, si vous me permettez ce mauvais jeu de mots). Mais il n’est pas que cet illustre membre du clergé, puisqu’il est aussi Alceste, alias le Misanthrope de Molière, vingt ans après ses coups d’éclat de jeunesse. Et qu’il vient rendre visite à Célimène, ayant elle aussi dépassé les 40 ans, mariée à un bourgeois, donc éloignée de l’aristocratie où elle frayait alors, et mère de 4 enfants.

Cette visite intrigue naturellement cette femme toujours élégante et plus que jamais facétieuse, qui souhaite en connaître la raison véritable. L’ecclésiaste fera tout pour brouiller sa compréhension de l’attirance qui l’amène en ses lieux, lui opposant sans fléchir toute la rigidité des principes de l’Église, et lui démontrant à quel point elle agit en pécheresse. La belle ne se laissera pas faire pour autant et saura démonter nombre de ses arguments. Jusqu’à ce que cette apparente visite de courtoisie se mue en un duel verbal et de prise d’ascendant sur l’autre.

A ce duel, c’est finalement le public qui gagne sans conteste à savourer les alexandrins merveilleux de Jacques Rampal déclamés avec fluidité et complicité par l’excellent Pierre Azéma et la merveilleuse et pétillante Gaëlle Billaut-Danno, le tout dans un très joli décor de salon bourgeois que l’on rapporterait volontiers chez soi pour prendre le thé. On sent naturellement l’amour pour Molière transparaître sans fard tout au long de ces vers (oui, ceci est un hommage en douze pieds et en rimes à ce texte). Et l’on ne peut qu’apprécier cette interprétation où les silences sont aussi puissants que les mots. Une pièce à recommander à tous les amoureux de la langue française, de la poésie, de la malice, et à tous les ennemis de l’ostracisme, à voir à Paris jusqu’à fin juin ou à Avignon cet été.

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