Aux suivants

7 Juin

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Comme cela m’arrive régulièrement, je rends compte d’un spectacle une fois les représentations passées. A ma décharge, il ne se jouait que 5 jours, ce qui laissait peu de temps pour en parler avant. Mais je souhaite de tout cœur qu’il continue son chemin dans d’autres salles de France et de Navarre. Parce que ce spectacle est intelligent, créatif, drôle aussi, avec des chouettes comédiens.

Aux suivants, c’est une histoire de transmission et de dettes. Un chercheur quitte son poste et découvre qu’il ne sera pas remplacé. Un père se suicide et laisse à ses deux fils (Hugues de la Salle et Guillaume Fafiotte) son entreprise criblée de factures impayées. Des parents (Martin Selze et Marie-Aude Weiss) demandent à leur fille (Julie Palmier) de leur rembourser tout ce qu’ils ont dépensé pour elle depuis sa naissance, afin de pouvoir profiter de leur vie. Et pendant ce temps-là, un homme venu d’une autre planète (Martin Selze encore) nous donne de grandes leçons sur cet homo debitor dont il est question partout. Pendant qu’une bande d’amis joue au « kervielpoly », un jeu de société avec plein de tractations financières dont on a envie de faire une partie également.

Charlotte Lagrange, auteur(e) et metteur(e) en scène de cette pièce arrive à nous toucher par la pertinence du propos et de la réflexion qui sous-tend toutes ces histoires qui s’entrecroisent. Parce que « aux suivants » parle bien sûr de macro et de micro-économie, mais il parle aussi d’accepter ou pas son héritage, et bien entendu pas seulement l’héritage financier, mais tout ce qu’il y a de sentiments, de non-dits, de désirs non aboutis et de renoncements dans l’œuvre de ceux qui sont venus avant les suivants que nous sommes et ceux qui nous succèderont.

La scénographie est intelligente avec un système de stores faisant apparaître ou disparaître les espaces de vie des différents protagonistes, et la musique envoûtante, renforçant la force du texte et de l’interprétation. Et l’on se laisse baigner dans cet univers d’argent, d’affection maladroite et d’incompréhension de l’importance de ce qui est humain, ou de compréhension trop tardive de cet essentiel que nous oublions tous parfois de regarder.

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