Gelsomina

22 Juin

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Parfois, au théâtre, il y en a qui choisissent la simplicité lorsqu’ils décident de quel texte ils vont joue, et ils ont raison parce que la simplicité, avec une jolie interprétation et de l’émotion, cela peut être très joli. Et puis, parfois, il y en a qui préfèrent se confronter à la complexité. Nina Karacosta fait incontestablement partie de cette deuxième catégorie. Et la complexité, c’est bien aussi, surtout quand on a une détermination sans faille, que l’on aime travailler, et que l’on a, il faut le dire, ce petit truc en plus que l’on nomme le talent.

Et il faut bien ces trois conditions réunies pour arriver à faire vivre seule en scène en 1h15 un film de Fellini durant près de deux heures avec dix personnages dedans. Evidemment, la jeune comédienne passionnée s’appuie pour sa performance sur un texte adapté pour le théâtre (par Pierrette Dupoyet rendons hommage à l’auteur) et apparemment déjà repris plusieurs fois. Cela ne retire rien à sa détermination à donner vie à cette jeune fille naïve qui sert d’assistante et un peu de souffre-douleur à l’imposant et cruel Zampano, forain connu pour ses talents de briseur de chaînes, qui a eu raison de la vie de la sœur aînée de Gelsomina sans que l’on sache vraiment pourquoi.

La jeune fille naïve va donc être vendue à son tour sans scrupule par une mère peu aimante et débordée par sa nombreuse progéniture. Et endurer toujours avec le sourire les vexations dont elle est l’objet. Jusqu’au jour où Zampano, posant ses valises quelques temps au sein d’un cirque, lui donne l’occasion (involontairement) de découvrir l’altérité et la bienveillance en la personne du « Fou », funambule en lequel le briseur de chaînes verra vite un rival professionnel, et même sans doute plus que cela. Cette rencontre sera décisive pour cette demoiselle trop candide qui supportera mal une séparation forcée.

Tout au long du déroulé de la narration, et contemplant la jolie toile peinte en fond de scène, on se laisse porter par l’innocence touchante de Gelso-Nina, par son sourire habité, sa capacité à apprécier les trop rares petits bonheurs de sa vie de foraine, et cette étape déterminante pour sortir de l’enfance pour mieux y re-rentrer ensuite, plus cruellement. Une performance vraiment impressionnante et touchante et une artiste à suivre.

Plus d’infos :

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Une Réponse to “Gelsomina”

  1. Cat 22 juin 2016 à 09:49 #

    Chouette chronique! Passe une belle journée!

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