Les étés de la danse – New York City Ballet

19 Juil

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Depuis 12 ans, chaque été, le très prestigieux Théâtre du Châtelet reçoit un très prestigieux corps de ballet, le plus souvent américain, mais ont été également accueillis Cuba, Vienne et Novossibirsk (Russie). Cette année, la compagnie invitée était donc le New York City Ballet. Après avoir eu les yeux qui pétillaient l’été dernier devant le Alvin Ailey Dance Theater, j’ai poussé la gourmandise jusqu’à réserver 2 soirées.

Je fais ici une parenthèse pratico-pratique, une fois n’est pas coutume, sur la dimension pécuniaire de ces soirées magiques. Parce que l’on croit, et c’est souvent le cas il faut l’admettre, que les spectacles les plus prestigieux sont aussi totalement ruineux. Or, ce que j’aime bien au Théâtre du Châtelet comme à l’opéra Bastille, c’est qu’il est possible d’y réserver des places avec une visibilité tout à fait satisfaisante sans vendre un rein (pour peu, je le reconnais, s’agissant du Théâtre du Châtelet, que l’on sache quelles sont ces places, mais le plan interactif permet de se rendre compte facilement de la vue sur la scène). Donc, concrètement s’agissant du New York City Ballet, il était possible, en réservant un minimum à l’avance, de passer une soirée magique pour 20,€ soit le prix d’un menu malbouffe au fast food et d’une place de cinéma.

Fermons ici la parenthèse et intéressons-nous à la soirée elle-même, ou plutôt aux deux soirées exceptionnelles que j’ai vécues en ce joli mois de juillet 2016. Je ne chercherai pas, l’édition étant terminée, à vous commenter les chorégraphies une par une, d’autant que sauf à être un fin connaisseur, il est fort probable qu’une énumération de noms d’artistes n’ait pas plus de signification pour vous qu’un monologue de théâtre en kazakh.

La soirée du 9 juillet nous emmenait dans l’univers des westerns et des comédies musicales, avec des chorégraphies des illustres Georges Balanchine, Peter Martins et Jerome Robbins. La première partie était ainsi « Western Symphony », une pièce très enlevée dans un univers de saloon et de french cancan, avec de magnifiques costumes contribuant pleinement à l’ambiance. Une entrée en matière plus qu’enthousiasmante faisant déjà découvrir l’un des grands talents de la troupe qu’est la précision des pas, et plus encore la dextérité des déplacements sur pointes et demi-pointes, cette technique impressionnante allant de pair avec un sens du jeu de scène très poussé et étonnant pour un corps de ballet. Après l’entracte suivaient trois courtes pièces à deux et quatre danseurs, permettant de découvrir toute l’étendue de la grâce et du sens de l’interprétation des danseurs solistes. La troisième et dernière partie nous replongeait dans l’ambiance électrique de West Side Story. Avec non seulement un talent chorégraphique certain mais en plus des talents de comédiens se révélant dans les scènes de combat tout autant que dans la poésie des rencontres entre amoureux.

Ce moment exceptionnel ayant un goût de revenez-y, j’y suis donc revenue le lundi suivant 11 juillet dans des ambiances encore différentes. La première partie, Estancia, de Christopher Wheeldon, nous faisait voyager en racontant l’histoire d’amour entre un homme de la ville et une jeune dresseuse de chevaux dans la pampa argentine. La beauté des costumes était stupéfiante, ceux des « chevaux-danseurs » compris. Et la poésie de cette rencontre entre une belle femme fière et farouche et un homme sachant tomber le costume cravate et prendre le lasso pour prouver son amour fonctionne parfaitement, avec qui plus est de magnifiques portés et une confrontation sociale entre gens de la ville et gens de la campagne qui rappelle que rien ne change jamais vraiment dans les relations humaines. La 2ème œuvre, pictures at an exhibition d’Alexei Ratmansky, nous plonge dans un tableau contemporain au son du piano solon dont chaque danseur est un élément de couleur. Et le mélange était réellement délicieux, sur un décor vidéo changeant de formes géométriques hypnotiques et vives. Mais l’apothéose de ces deux soirées a véritablement été la dernière partie de cette soirée, Everywhere you go », composition originale créée pour le New York City Ballet avec une chorégraphie de Justin Peck. Tout ce que j’avais pu voir d’extraordinaire depuis le début de la soirée du samedi se trouvait rassemblé dans cette œuvre vive et enlevée, menée à un rythme extraordinaire, sur une musique merveilleuse. L’enthousiasme de la salle était tel que les saluts mérités ont duré pas loin de 10 minutes me semble-t-il. J’en suis ressortie avec une joie tenace, une folle envie de danser et l’attente fébrile de la 13ème édition des étés de la danse.


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