Moulins à paroles

10 Oct

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Lorsque j’ai vu le titre « moulins à paroles », je me suis immédiatement dit intérieurement que cette pièce était faite pour que je la vois. Quand en plus, j’ai vu qu’elle se jouait au Ciné 13 Théâtre, l’une de mes salles fétiches dont j’ai déjà abondamment ici vanté le confort des grands canapés rouges et un peu moins le goût exquis de leur punch maison, ni une ni deux, j’ai cliqué sur réserver. Evidemment, j’ai pris soin au préalable de lire de quoi il s’agissait ; je vous remets ici le pitch original plutôt que d’en faire une inutile et mauvaise paraphrase : « Trois monologues d’Alan Bennett pour une comédienne seule en scène qui passe avec brio et jubilation d’un personnage à l’autre pour nous faire partager ces petits bijoux d’écriture, véritables manifestes féministes, traversés d’humour noir, doux amer, et cocasses. ».

Certes ce pitch n’est pas très parlant pour toute personne qui, comme moi, ne connaît pas Alan Bennett (pan d’inculture que j’assume même si cela m’afflige un peu de le reconnaître). Mais comprenant à ces 2,5 lignes que j’allais rire des écrits d’un dramaturge anglais se prétendant féministe, je me suis vue conforter dans mon choix de cliquer sur réserver (en réalité, ce que je ne vous avoue pas, c’est que mon choix a été aussi en grande partie conforté par le tarif imbattable se limitant à 2€ de frais de réservation sur billetreduc, eh oui, j’ai beau défendre le droit des artistes à gagner leur vie, je n’en suis pas moins une opportuniste à certains moments, pan de radinerie que j’assume même si cela m’afflige un peu de le reconnaître).

Toujours est-il que je me suis retrouvée la semaine dernière confortablement installée sur les canapés rouges du premier rang pour découvrir ces textes dont je ne connaissais rien, interprétés par cette artiste dont le résumé louait la performance. Et dans ces conditions plus qu’optimales (sans même avoir bu de punch), j’ai trouvé ces trois séquences absolument fantastiques. Roxane Turmel se fond avec délice et avec un talent qu’il convient de souligner haut et fort dans la peau de ces trois femmes si différentes et pourtant si proches dans leurs tentatives d’imposer leur propre liberté dans un univers un (gros) brin machiste. Elle passe ainsi de la jeune actrice pleinement désireuse de donner du sens à ses rôles obtenus en échange de quelques faveurs à la femme du vicaire en passant par la bourgeoise des beaux quartiers où il se passe des choses peu catholiques dans la maison de la voisine avec un naturel qui décoiffe (tout autant que ses changements de coiffure).

Et l’on se délecte, en plus de cette qualité d’interprétation, de découvrir ces textes ciselés et cet humour britannique dont les amateurs du genre ne sauront jamais se lasser. Tout au long du spectacle, on se laisse attendrir, émouvoir, et entraîner à rire par ces trois moulins à paroles qui n’ont effectivement pas leur langue dans leurs poches et qui tentent de s’affranchir avec un sacré panache du carcan qui pèse sur elles. Un spectacle à voir absolument, particulièrement pour les amateurs et les détracteurs des lentilles, qui ne verront plus jamais ces légumineuses du même œil.

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