Renata

18 Déc

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En voyant l’affiche de Renata, j’ai tout de suite été attirée. Même si je ne connaissais pas les acteurs et que la référence à Almodovar sur les publicités du métro parisien ne me parlait pas spécialement, n’étant pas spécialement férue de ce célèbre réalisateur. Il y avait simplement dans ces couleurs, l’atmosphère et le micro-pitch, des atouts – ou des atours qu’en sais-je – qui ne m’ont pas laissée insensible. Et puis, en Parisienne dispersée qui court partout de façon néanmoins consciente et assumée, j’ai oublié que j’avais été un temps attirée. Jusqu’à un vendredi soir où, prise une énième fois d’une envie compulsive de théâtre et regardant les pièces se jouant ce soir-là, mon regard a recroisé la fameuse affiche.

Il est rare que je me laisse appâter si facilement, par quelques mots et un visuel. Et qu’en plus cette attirance se mue en coup de foudre. Et cela a bien été le cas avec ce vaudeville adapté d’une pièce argentine de Javier Maestro. L’histoire est, comme dans presque tout vaudeville, relativement simple : un riche juif argentin, vivant en France en l’occurrence décède, laissant ses 4 domestiques – Monique, son mari Philippe, leur fils Jean, et Blanche la sœur de Monique – face à la crainte de se retrouver à la rue. Or, le défunt est marié à une jeune femme restée au pays et plus ou moins disparue. Ils ont alors l’idée de faire passer l’une des deux femmes (également sœurs) pour l’héritière, le temps qu’elle touche la succession et transfère les fonds. Mais c’est finalement Jean qui va tenir ce rôle en se travestissant, après le « test de l’escarpin » de l’épouse disparue.

Jean – Renata va user de tous ses charmes pour convaincre le jeune notaire chargé de la succession de régler celle-ci le plus vite possible, n’hésitant pas à user de ses nouveaux charmes féminins sur cet homme facilement impressionnable qui va très rapidement s’enticher de sa cliente. La performance de Sebastiàn Galeota pour chausser les talons et porter avec grâce les tenues de la veuve est totalement époustouflante, ce qui explique sans doute aussi en partie le fait que le jeune Antoine Berry-Roger semble littéralement perdre ses moyens devant cette femme qu’il juge extraordinaire. Sophie Mounicot dispose d’un talent comique rare et parfaitement exploité dans son rôle d’épouse blasée et dépitée par la médiocrité et les mains un peu trop baladeuses de son époux (interprété par Philippe Saïd). Quant à Emma Fallet, elle apporte une touche de légèreté avec son personnage de vieille fille ayant un peu trop suivi les conseils de sa conservatrice de mère.

Ces cinq talents nous régalent de cette comédie délicieusement cynique menée tambour battant dans un magnifique décor de salon bourgeois, et avec des costumes magnifiques et chatoyants. Le rire suscité par le comique de situation n’empêche pas des moments plus sombres, notamment entre Jean et ses parents, chacun tentant et réussissant alternativement à prendre l’ascendant sur l’autre avec une cruauté à la fois féroce et jouissive. L’émotion est également au rendez-vous avec cet amour qui semble à la fois si proche et si impossible entre le jeune notaire et celle qu’il souhaite voir devenir sa dulcinée. L’alternance de légèreté et de gravité est l’une des grandes forces de ce spectacle qui est sans nul doute possible l’un des mes grands coups de cœur de la saison.

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