L’idiote

14 Jan

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Ayant un peu traîné en ce début d’année, je vais une nouvelle fois vous parler d’un spectacle qui, dans l’immédiat, n’est plus à l’affiche. Il pourrait cependant, du fait de ses qualités, s’y trouver de nouveau, ce que je souhaite autant à l’équipe qui l’a créée qu’aux spectateurs qui grâce à cela pourraient la voir.

L’idiote est un titre qui interpelle, mais reflète en réalité très mal la personnalité de l’héroïne malgré elle du procès pour le meurtre de son amant. Josefa, jeune femme de chambre n’ayant pas sa langue dans sa poche, apparaît en effet comme la coupable idéale, puisque retrouvée nue à côté du corps ensanglanté du jeune homme, rapidement décrit comme un homme sanguin, jaloux et volage, autant de mobiles qui semblent prouver l’évidence. Seulement, malgré les pressions qu’il subit pour boucler le dossier et épargner un scandale mondain au couple employant Josefa et son compagnon, le juge chargé de l’affaire entend faire preuve d’impartialité, et surtout découvrir la vérité, le scénario présenté ne lui convenant pas du tout.

Dérouté au départ par la volubilité mais aussi le caractère fruste de l’accusée, rôle manifestement jouissif et taillé sur mesure pour la délicieuse Marie Utreh, le magistrat (François Bureloup), qui vient de prendre son poste dans le bourg va vite réussir à comprendre son langage, mais aussi l’amener à faire des révélations pouvant faire avancer son enquête. Avec la complicité bienveillante de son candide mais néanmoins efficace assistant (excellent Alain Peron dans le rôle du « bouffon »), il parviendra à démêler les fils d’une histoire jouissivement rocambolesque, et à faire parler malgré eux toutes les parties prenantes de ce meurtre au mobile pas si facile à découvrir.

En tant que spectatrice, je me suis laissée entraînée avec bonheur dans cette pièce bien ficelée, sachant préserver le suspense jusqu’au bout en multipliant les vrais indices et les fausses pistes. L’humour faussement désuet de ce spectacle écrit par Marcel Achard en 1960 fonctionne toujours à merveille et l’on sent surtout que les acteurs s’amusent. Et par effet boule de neige le public aussi. Comme quoi, contrairement à son titre, cette représentation est tout sauf idiote.

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