Ma famille

6 Fév

visuel-ma-famille-721-624x882

Il est peu courant de voir du théâtre d’Amérique du Sud à Paris . Encore moins venant d’Uruguay. Et pourtant, « ma famille » provient bien de ce pays méconnu. L’auteur, Carlos Liscano, pourrait ainsi, si j’en juge à ce seul spectacle, être comparé à un Ionesco contemporain à la touche latino.

Ecrite en 2005, la pièce raconte l’histoire d’un jeune garçon né dans une fratrie où les parents ont pour coutume de vendre leurs enfants dès qu’ils ont besoin d’argent. L’un des frères échappe à cette malédiction en restant coincé dans un arbre où il va grandir à la suite d’une crise de tétanie au moment de descendre et où il construira lui-même sa propre famille.

Le narrateur, trop petit et pas assez beau pour être vendu, va d’abord rester longtemps au domicile jusqu’à ce que son père finisse par se décider à l’emmener quand même au marché. Il va ainsi se retrouver chez « la femme aux chats » qui le traite et le nourrit de la même manière que les félins. Mais sa maîtresse décède accidentellement et le garçonnet doit aller se vendre lui-même. Il découvre alors avec surprise une famille où personne ne vend personne et, étrangement, il s’y ennuie vite. Il finit alors par rentrer au bercail où ses nouveaux frères et sœurs sont vendus à leur tour dès que les finances se font moins florissantes. Ce qui est chose courante avec son père devenu alcoolique.

Vous l’aurez compris, cet univers ne semble pas tourner rond. Et pourtant, étonnamment, on s’y laisse entraîner sans être scandalisé, grâce à l’humour et à la totale absurdité des situations. La compagnie « bouquet de chardon » qui a porté cette adaptation à la scène, nous régale avec les changements de casquettes des 4 comédiens et comédiennes et surtout avec les magnifiques airs joués et violon et à la contrebasse et chants du folklore yiddish traduits par leur metteur(e) en scène Ariane Dumont-Lewi, qui confèrent une atmosphère à la fois mélancolique et festive à ces aventures rocambolesques.

Si l’on peut être déboussolé par cette histoire faussement loufoque, il est difficile de rester insensible à cette joyeuse troupe et à son interprétation formidable de justesse dans cette partition détonnante. Une jolie découverte que cette OTNI (Objet Théâtral Non Identifié) venu de l’autre côté de l’océan.

Plus d’infos :

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Les carnets du bien-être

Des idées et des outils pour se détendre et se ressourcer

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :