Fantasio

21 Fév

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Le Théâtre du Châtelet, mythique salle parisienne, fermera ses portes à compter du 1er mars pour 2 ans de travaux. Il continuera bien sûr à proposer une programmation, mais hors les murs, avec notamment Singin’in the rain sous la merveilleuse couple du Grand Palais. Mais il faudra tout de même patienter durant ces 24 mois (si le chantier ne prend pas de retard, et nous savons tous que cela est hélas fréquent) pour revoir les dorures et le magnifique lustre, pour bénéficier depuis les étages de cette vue plongeante sur l’orchestre, et bien sûr pour applaudir les artistes. C’est donc avec émotion que je me suis rendue à nouveau dans cette salle pour un au revoir à la fois nostalgique en repensant à ces moments privilégiés vécus devant My fair Lady, le New York City Ballet et quelques autres spectacles, et joyeux en sachant que bien sûr, « ce n’est qu’un au revoir ».

C’est donc avec Fantasio que le théâtre du Châtelet a choisi de clore sa saison « dans les murs ». Clin d’œil amusant, cette opérette méconnue d’Offenbach, adaptée de la pièce de Musset, est programmée par l’Opéra Comique, actuellement en rénovation (laquelle a pris du retard, CQFD). Fantasio est donc un jeune bourgeois fêtard et par conséquent criblé de dettes, qui, apprenant la mort du bouffon du roi, Saint-Jean, se met en tête de lui succéder, non sans être préalablement tombé sous le charme de la jeune princesse Elsbeth, se lamentant sur sa terrasse de son mariage à venir avec le prince de Mantoue. Les noces constituent en effet un arrangement entre les deux royaumes pour garantir la paix, et, si elle accepte de se sacrifier par amour et dévouement envers son père, la princesse n’en a pas moins de chagrin de voir ses rêves de jeune demoiselle romantique ainsi mis à mal.

Tout comme Fantasio, le prince de Mantoue usera d’un artifice vestimentaire en revêtant le costume de son valet Marinoni, en espérant que la princesse le choisisse pour ses qualités de cœur. L’intention est certes touchante mais la bêtise des deux hommes ne fera que conforter Elsbeth dans sa tristesse. Heureusement, le bouffon sera là pour la distraire, et usera de tous les artifices possibles pour la délivrer de ce mariage dont il voit qu’il chagrine tant la belle. Et, sans en dévoiler trop, la fin créée par Musset et mise en musique par le maître de l’opéra-comique est aussi joyeuse que celle d’une (bonne, et il en existe peu) comédie hollywoodienne (sans cependant sombrer totalement et irréversiblement dans le cliché).

Si l’on se laisse bien sûr porter avec enthousiasme par l’histoire, Fantasio vaut surtout pour la beauté à la fois des mélodies et de la voix des interprètes. Marianne Crebassa, qui interprète Fantasio, est particulièrement émouvante et est une soprano hors pair. Marie-Eve Munger sait retranscrire avec talent les états d’âme de la jeune Elsbeth, même si j’avoue qu’elle m’a sans doute moins séduite que d’autres, en particulier la très drôle Alix Le Saux qui joue sa suivante Flamel, et Jean-Sébastien Bou, excellent dans son rôle de prince un peu benêt mais touchant, et dont la magnifique voix grave m’a enchantée (mais il ne s’agit là que d’un ressenti personnel ne prétendant absolument pas à l’objectivité). Et le très beau chœur Aedes sublime l’ensemble et contribue à cette atmosphère à la fois intrigante et festive qui caractérise ce spectacle inoubliable.

Le théâtre du Châtelet va certainement manquer, mais je suis heureuse de lui avoir rendu cette visite et d’y avoir vécu encore une soirée magique. Vivement 2019 !

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