Quelques réflexions sur nos choix en tant qu’électeurs

20 Mar

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Comme la plupart de mes chers compatriotes en ce moment, je contemple avec un mélange d’amusement, de tristesse, de colère et de résignation la campagne électorale actuelle, et son lot de scandales et de petits commentaires mesquins adressés l’un à l’autre par les candidats. Et à défaut de me sentir portée par l’un ou l’autre des projets proposés, je m’adonne avec délectation au seul plaisir que me laisse toute cette médiocrité, à savoir me prendre pour une politologue de café du commerce (on a les petites satisfactions que l’on peut face à l’adversité).

Je vous ferai grâce de tous les développements plus ou moins pertinents que j’ai pu formuler et de toutes les conclusions plus ou moins douteuses auxquelles je suis arrivée. Je vous épargnerai aussi un florilège de toutes les réactions ulcérées ou militantes, ou les deux s’appuyant sur des arguments discutables de mes comparses politologues improvisées. Mais au milieu de tout ça, une question importante m’est venue, qui est celle de notre propre positionnement en tant qu’électeurs. Au-delà de la considération de notre « sensibilité » de gauche ou de droite ou du centre, lorsque nous « choisissons » un programme ou un candidat, nous exerçons ou non notre sens des responsabilités. J’entends par là que nous exprimons une préférence pour des mesures privilégiant nos intérêts catégoriels ou pour des mesures susceptibles d’apporter une avancée collective. L’un étant malheureusement souvent en contradiction avec l’autre.

Evidemment, certains objecteront à juste titre qu’en l’espèce, les candidats ne donnent pas le sentiment de porter réellement en étendard le sens du bien commun, alors qu’ils devraient s’en soucier plus encore que les « simples électeurs ». Cela étant posé, nous ne pouvons pas pleinement nous dédouaner de notre attitude en arguant que la médiocrité des prétendants au titre de vainqueur nous autorise à ne penser qu’à nous-mêmes à l’instant T. Et il me semble même que cette médiocrité nous invite encore plus à faire preuve d’un peu de l’exemplarité que nous voudrions voir parmi les candidats. Parce que lorsque le changement ne vient pas du sommet, la base a ce pouvoir que de le faire vaciller, non pas par la violence mais en montrant que la cohésion est possible.

C’est sur ce point qu’au milieu de mes palabres et de la lecture de ceux des autres, mon interrogation s’est fixée. Sur cette question du fameux « vivre ensemble » pour reprendre cette expression totalement galvaudée à force d’être servie à toutes les sauces (surtout l’aigre-douce). Voulons-nous vraiment, lorsque nous déposons un bulletin dans l’urne, qu’il porte au pouvoir une personne capable de créer cette cohésion entre nous tous avec nos différences ? Et le voulons-nous suffisamment fort pour être prêts à renoncer au moins pour quelques années à une petite partie de nos avantages personnels non vitaux (j’insiste bien sur le « une petite partie » parce que nous ne sommes pas par nature des super-altruistes ou des Jeanne d’Arc en puissance et qu’une politique de Robin des bois me paraîtrait malsaine et très peu favorable à la cohésion recherchée aboutissant de surcroit à une exacerbation des phénomènes de tensions communautaires et de replis identitaires – toutes mes excuses pour cette interminable parenthèse) ? La réponse à ces deux questions n’est pas évidente dès lors que l’on adopte une vraie réflexion critique et que l’on sort de l’angélisme de posture qu’il est de bon ton d’adopter, et il est difficile de répondre oui sans aucune hésitation ni réserve. Et pourtant, la façon dont nous déterminons nos choix politiques (et plus largement nos comportements au quotidien, mais on entre là sur un terrain glissant pouvant donner lieu à d’interminables et insolubles débats) ne peut s’exempter de cette prise de conscience du fait que le meilleur projet est celui qui apportera des bénéfices au plus grand nombre (à la condition sine qua non que personne ne soit mis sur le bûcher pour permettre ces bénéfices, il est là encore primordial de le rappeler).

Toutes ces considérations se passeront de conclusion. Parce que je suis la première à ignorer totalement, même en ayant passé du temps à disséquer les propositions de chacun, lequel des 11 prétendants à la présidence de la République fera le plus de bien (ou le moins de mal) à tous ceux qui vivent en France. Je sais simplement que j’ai envie d’essayer de me prononcer en faveur du candidat le plus soucieux de progrès et de justesse pour l’atteindre. Cela manquera sans doute de simplicité, mais la complexité est souvent une richesse. Je vous souhaite donc à tous des choix fructueux et des réflexions sans noyade.

 

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