Légende d’une vie

30 Avr

Zweig-36bis

Légende d’un vie est une pièce méconnue de Stefan Zweig, écrite en 1919, et qui n’avait jamais été traduite jusqu’à ce que Caroline Rainette ne fasse le choix de s’intéresser à cette œuvre. L’histoire se déroule dans la maison des Franck, lors d’une soirée organisée pour présenter la première œuvre poétique de Friedrich, fils de l’illustre écrivain décédé Karl Amadeus Franck. Le jeune homme, bien que mesurant la chance d’être introduit « dans le monde » sans avoir à se battre, est dans le même temps écrasé par le poids de cette figure paternelle érigée au rang de génie. Cette réputation doit autant à la force de ses écrits qu’au mythe créé par la biographie co-écrite par sa femme et par la très dévouée Clarisssa Van Wengen, entrée toute jeune au service des Franck.

La pièce a donc pour cadre le bureau de Clarissa, dans lequel Friedrich tente de trouver un peu de calme avant la lecture qui doit être faite de son poème, en se soustrayant le plus longtemps possibles aux mondanités obligatoires d’une telle soirée. A Clarissa qui le connaît depuis toujours, il confie ses angoisses de ne pas être à la hauteur, et ses sentiments mêlés envers son père, dont il croit dur comme fer à la légende.

A la fois touchée et émue par ce jeune garçon imparfait prêt à révéler ses propres failles, Clarissa va petit à petit livrer au jeune homme qui était réellement le génie qu’il avait pour père. Un écrivain certes inégalable mais dont la vie n’était pas aussi fidèle que sa biographie laisse à le penser. A travers ces révélations, à travers aussi la compréhension de l’âme d’un homme qu’il craignait, Friedrich, se libérant de ce carcan de perfection à égaler, va commencer à se sentir libre d’exister tel qu’il est, avec ses failles et ses forcés, avec ses lâchetés et ses témérités.

Près d’un siècle après son écriture par Zweig, cette pièce, malgré son cadre et son style résolument d’une autre époque, n’a rien perdu se son intensité dans les interrogations qu’elle décrit, et les sentiments qu’elle met en avant. La magie de ce grand écrivain opère aussi pleinement dans cette pièce de théâtre qu’elle ne le fait dans ses récits. Et l’interprétation de Caroline Rainette et de Lennie Coindeaux, à la fois sobre et pleine de nuances, reflétant un vrai travail pour intérioriser les sentiments et caractères de ces deux personnages, permet au public d’être porté et sincèrement touché par leur sincérité. L’ajout de voix off et de petites séquences vidéo est ingénieuse et donne plus de relie encore à ce très beau texte. Une chose est certaine, la légende de Stefan Zweig n’est pas prête de s’éteindre.

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5 Réponses to “Légende d’une vie”

  1. Cat 30 avril 2017 à 16:04 #

    Je ne connaissais pas ce texte. Je suis allée faire un tour sur le site de la compagnie. Merci pour ton retour. Je note! bon dimanche!

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