Les Fourberies de Scapin

13 Mai

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A force de découvrir des pièces contemporaines, je finis presque parfois par oublier que le théâtre classique a beaucoup de vertus également. Et que les pièces qui ont traversé les siècles n’ont pas survécu totalement par hasard. D’autant qu’à l’époque, il n’existait pas la télévision pour en faire la publicité, pas plus que les techniques de communication virale sur le web n’avaient été mises au point. C’est donc au seul talent des auteurs et des comédiens – et oui, en effet, un peu aussi grâce à l’aide de mécènes haut placés (et pour le coup, cela perdure) – que les textes s’ancraient dans le répertoire populaire. Et en matière de classiques, Molière est, il faut bien le dire, ce que l’on pourrait appeler dans le jargon du 21ème siècle un « gros contributeur ». Qui aimait de surcroît alterner entre le drame et la comédie. Et, comme le climat ambiant est suffisamment morose pour ne pas en rajouter, j’ai décidé, le week-end dernier, d’aller redécouvrir plutôt l’une de ses comédies les plus connues, que nous avons tous lu ou vu au cours de nos années de collège, j’ai nommé les fourberies de Scapin (mais vous le saviez déjà puisque c’est écrit dans le titre de l’article et dans l’affiche ci-dessus).

Au-delà de l’amusement anticipé à revoir cette fable comique très réussie, deux arguments m’ont convaincue d’aller en voir cette version : le fait qu’elle soit jouée par la compagnie « le Grenier de Babouchka, spécialiste des textes classiques, et dont j’avais pu admirer le professionnalisme et le talent dans Cyrano de Bergerac et la joie de me rendre dans le très beau théâtre boisé du Ranelagh.

C’est donc dans la joie et la bonne humeur que je me suis confortablement installée dans l’un des très hauts fauteuils à l’ancienne de cette salle un peu hors du temps entourée, samedi après-midi oblige, de nombre d’enfants sur rehausseurs accompagnés de leurs parents (que je soupçonne pour une partie d’utiliser leur progéniture comme alibi pour pouvoir retrouver leur âme de petits lutins). Et cette joie et cette bonne humeur n’ont fait que grandir à mesure que je découvrais cette interprétation pleine d’humour, flirtant presque avec le burlesque déjantée, menée tambour battant par des comédiens qui prennent un plaisir évident à régaler petits et grands.

Si l’on doit brièvement résumer l’histoire, leurs pères partis en voyage, Octave et Léandre s’éprennent respectivement de Hyacinthe et de Zerbinette, liaisons dont ils savent qu’elles risquent fort de ne pas recueillir l’assentiment de leurs paternels. Le premier va même jusqu’à se marier secrètement en gage de sa bonne foi. Mais le retour de Géronte et d’Argante (les pères, vous l’aurez compris), bien décidés à unir leurs fils à des partis de leurs choix, va compliquer la donne. Et les deux jeunes hommes vont se tourner vers le rusé Scapin pour manipuler tout le monde et recueillir au passage l’argent dont ils ont besoin pour tirer leurs amoureuses des mauvais pas où elles se trouvent. Et c’est ici un Scapin à la fois totalement espiègle et doté d’un excellent fond que Kamel Isker incarne ici avec énergie, bonhomie et souplesse dans ses multiples acrobaties. Le reste de la troupe n’est pas en reste et offre au public un spectacle pétillant et parfaitement rythmé, avec de très sympathiques intermèdes musicaux.

Si vous voulez passer un excellent moment en famille ou entre amis, cette version modernisée et dépoussiérée de cette indémodable comédie est faite pour vous.

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