Mises en capsules – Édition 2017

12 Juin

AFFCAPS2017site

Comme chaque année depuis maintenant 5 ans, j’ai profité en 2017 du festival Mise en Capsules au Ciné 13 Théâtre. Très brièvement, il s’agit d’un évènement organisé sur trois semaines, et qui présent des « capsules » ou formes courtes théâtrales, d’une durée de 30 minutes chacune. Au total, sur une soirée, le public peut en découvrir cinq, avec des pauses de 15 minutes entre chaque pour changer les décors et les gélatines de couleur sur les projecteurs. Au total, 16 créations sont sélectionnées chaque année, dans des styles très diversifiés.

J’ai donc profité lors de la soirée du 10 juin pour avoir un aperçu du « cru 2017 ». N’ayant pu assister qu’à une soirée, je ne dispose pas d’une vue d’ensemble, mais j’ai trouvé les spectacles et l’ambiance plus sobres qu’en 2015 et 2016. Dans le bon sens du terme pour ces deux dimensions, c’est-à-dire avec moins de têtes d’affiches dans les castings et moins de créations « expérimentales » et avec un public aussi plus calme, plus curieux selon mon ressenti et moins de bousculades lors des entrées sorties même si la salle était comble (vous aurez compris que j’aime la sobriété définie sous cet angle). Il est maintenant temps de parler des capsules en elles-mêmes, dont certaines continueront je l’espère en version longue).

Capsule 1 : Striptease 419 (Texte et mise en scène : Création collective, avec : Ambre Febvre, Salomé Scotto, Paul Lourdeaux et Thomas Larbey) Il s’agit ici d’une transposition sur la scène de l’émission de télévision franco-belge Striptease, qui, pour ceux qui ne la connaissent pas, aime suivre des personnes un peu marginales, chacune à sa façon, sur plusieurs jours ou plusieurs semaines, pour bien mettre en lumière leur marginalité. Avec un regard qui se veut plus réaliste et moins orienté ou malveillant que dans d’autres émissions mais qui ne vise quand même pas à montrer la beauté de ce monde. Quatre reconstitutions sont proposées au public qui soit voter pour choisir celles qu’il a le plus envie de voir. Disons-le sans circonvolutions inutiles, ce premier spectacle a été ma seule déception de la soirée. Même si l’idée aurait pu être amusante, avec le parti pris de ces 4 jeunes comédiens de basculer réellement dans la parodie, les séquences sont très courtes, manquent de relief, et n’apportent ni regard critique ni distance comique par rapport à l’émission. Au final, on passe donc 30 minutes dans le même état que lorsque l’on zappe devant la télévision. Sans déplaisir mais sans satisfaction.

Capsule 2 : Saloperie (Texte : Karina Beuthe et Azize Kabouche, inspiré de « les mots pour le dire » de Marie Cardinal, Mise en scène : Azize Kabouche, avec : Emma Kabouche, Lucie Mantez, Louise Marco, Laure Le Rouzic, Karina Beuthe et Azize Kabouche ) La narratrice est née en 1929 à Alger d’une mère qui lui a pourri la vie par son comportement. C’est tout ce que l’on sait réellement en lisant le résumé. On ne sait pas précisément de quoi il retourne. Et cela est l’interrogation au fondement de ce texte. Où l’on découvre progressivement les raisons du mal-être de cette mère et les raisons pour lesquelles elle n’a pas réussi à aimer comme il se doit cette fille pourtant irréprochable. Un texte ponctué de beaux chants entamés en chœur. Qui fait réfléchir sur la complexité des sentiments et la difficulté pour un parent à survivre à certaines épreuves. Une jolie histoire pleine de sensibilité.

Capsule 3 : Aujourd’hui, la pluie (Texte et mise en scène : Roman Sitruk, avec : Dominique Guillo, Christopher Bayemi, Aude Roman, Fiona Levyy et Théo AskolovitchCette histoire rocambolesque nous entraîne tambour battant dans l’enquête que mène Emma Librat sur Lucien, son frère jumeau qui est parti de la maison, et dont sa mère pressent qu’il ne reviendra pas. Aidée par un policier chevronné, sa recherche va la mener à voyager dans l’espace-temps, où elle rencontre un Juif né en Russie en 1917 et sa descendance. Une histoire qui conjugue le fantastique et l’enquête policière, dans laquelle Fiona Levy démontre un talent certain dans son rôle de jeune femme intuitive et persévérante. Une histoire un peu déjantée mais qui fait aussi la part belle aux émotions.

Capsule 4 : (Texte : Tania de Montaigne, Mise en scène : Léa Moussy, avec : Fabrice Moussy et Xavier Thiam) Le résumé de là, très énigmatique, est, transcrit intégralement « peut-on entretenir d bonnes relations avec une personne à qui on a, au préalable, écrasé les testicules ? Là est la question ». En le lisant, l’on s’attend à un combat au sommet. Et pourtant, ce duel entre deux hommes est très loin de ce à qupi l’on s’attend. Coincés dans un lieu où ils sont apparemment enfermés, ces deux personnages vont très vite basculer dans le théâtre de l’absurde, l’un prétendant qu’il est noir malgré sa couleur de peau objectivement blanche, et l’autre qu’il est une femme malgré son évidente masculinité. Sous des couverts comiques, ils interrogent intelligemment certains stéréotypes. Tout en tentant de s’entraider pour sortir (ou pas) de ce lieu où ils risquent de trépasser. Un texte drôle et atypique, bien rythmé, porté par deux très bons comédiens, on se régale.

Capsule 5 : Jeanne d’Arc : un procès brûlant (Texte : Benoît Celotto et Pauline Marteau, Mise en scène : Johanna Boye, avec : Sophie de Fürst, Arnaud Denissel, Laurent Paolini, Clément Séjourné) Ce samedi soir s’est terminé en beauté sous le signe de la comédie totalement folle, avec ce procès de Jeanne d’Arc revisité. Une Jeanne peut-être pucelle, mais qui n’a pas sa langue dans sa poche, interprétée par la pétillante et très dynamique Sophie De Fürst. Ses trois partenaires masculins, alternant les rôles en une vitesse record, nous font rire sans discontinuer de ce complot ourdi par les Anglais pour sacrifier la demoiselle, avec de nombreuses références aux arcanes actuelles de la politique et du système judiciaire. Un excellent divertissement dont on a envie de voir plus que ce trop court « premier épisode » de 30 minutes.

Pour cette édition 2017, la soirée fut donc placée sous le signe des quêtes effrénées et des jolies découvertes, avec, cerise sur le gâteau, l’excellent punch du bar du Ciné 13 Théâtre.

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