Interview

27 Juin

interview

Il y a deux ans et demi, en novembre 2014, je découvrais Judith Henry et Nicolas Bouchaud sur la scène du théâtre Monfort dans « Projet Luciole » écrit par Nicolas Truong. Et j’étais subjuguée par cette création un peu hors normes, avec de la philosophie dedans, de la réflexion, des confettis, et la magie de ce duo de comédiens. J’étais tellement conquise que j’ai fini par acheter et lire (péniblement il faut bien le dire) le livre du philosophe Didi-Hubermann qui avait donné son titre et son inspiration à la pièce. Et qu’il me faut avouer bien humblement que je trouve la philosophie plus digeste lorsqu’elle est « vulgarisée » avec talent comme elle l’était dans Projet Luciole.

Bref, faisons un bond dans le temps jusqu’en ce mois de juin 2017, où je découvre avec surprise et délectation que Judith Henry et Nicolas Bouchaud remontent sur la scène du Théâtre Monfort, cette fois dans une création collective toujours orchestrée par Nicolas Truong. Ni une ni deux, j’ai donc réservé, ne sachant absolument pas à quoi m’attendre, tant la création précédente était atypique.

Et avec Interview, le trio de choc a réussi le double exploit de créer un spectacle totalement différent de Projet Luciole, et encore plus réussi (de mon point de vue). Tour à tour, Judith Henry et Nicolas Bouchaud prennent le rôle de l’intervieweur et de l’interviewé pour nous faire réfléchir sur cet exercice si particulier d’aller à la quête de l’intime de personnes qui sont, selon leur caractère et les circonstances, plus ou moins prêtes à se livrer. Et plus ou moins à l’aise dans l’exercice, pas uniquement de leur propre fait, mais aussi selon l’attitude et les questions de la personne qui les interroge.

Et pour mieux mettre le public dans l’ambiance, et le faire réfléchir sur cet acte si particulier, le duo de charme que forment Nicolas et Judith interagissent régulièrement avec le public, le questionnant sur cette question à la fois simple et terriblement désarçonnante du « êtes-vous heureux ? ». Avant de nous réentraîner tambour battant dans les interviews de stars, dans le poignant témoignage réinterprété de Florence Aubenas et de son expérience de reporter de guerre, dans les délirantes questions de Max Frisch, et dans les années de reportage du couple Raymond Depardon – Claudine Nougaret. Le tout avec le « charisme discret » de Judith Henry, et l’exubérance et le regard pénétrant de Nicolas Bouchaud.

Et sous couvert de traiter de cet exercice à la fois familier et plus complexe qu’il n’y paraît du recueil de la parole d’autrui, ils amènent le public à réfléchir réellement sur tous ces autruis dont la parole a un jour ou l’autre intéressé médias, journalistes, cinéastes ou sociologues. Avec une grande intelligence, énormément de subtilité, et une juste dose d’humour pour mieux faire passer les messages plus graves sur cette humanité si plurielle qui a parfois l’occasion d’être interrogée. Un moment totalement hors du temps, mais totalement connecté aux gens. Un spectacle qui interpelle et fait du bien qui mériterait bien une reprise, ou deux, ou trois.

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