Enfin vieille (Quand je serai grande, je serai mamie)

8 Juil

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Il y a 18 mois, comme en témoigne l’article ci-dessous, je découvrais Laura Elko. Et ce fût un véritable coup de cœur artistique que d’assister à son spectacle, plein de créativité et d’émotions, révélant ses multiples talents d’écrivain, comédienne, ventriloque, chanteuse, cuisinière et imitatrice d’accent hongrois. D’autres personnes ne s’y sont pas trompées, d’abord au théâtre BO Saint-Martin qui l’a programmée à la suite du Proscénium, mais aussi en l’accueillant dans différents festivals.

Et puis cette jeune femme perfectionniste a voulu faire évoluer cette « première mouture » déjà très réussie en retravaillant en profondeur l’écriture de son spectacle. Et en explorant différentes pistes qui ne parvenaient pas à la satisfaire jusqu’à ce qu’elle rencontre celle qui est désormais sa metteur en scène, Trinidad, qui l’a encouragée à se livrer de façon plus personnelle. Confirmant l’adage selon lequel « seule, on va plus vite, ensemble on va plus loin », la jeune trentenaire a donc revu entièrement sa manière de concevoir son seule en scène.

C’est donc un spectacle entièrement revu qu’elle a présenté pour 4 jeudis au BO Saint-Martin, avant d’aller conquérir le Sud de la France au festival Off d’Avignon. Dans cette version « enfin » finalisée de « enfin vieille », l’on retrouve (hormis le gâteau de grand-mère) tout ce qui faisait le charme et l’originalité du show. Avec plus de Laura Elko. Et plus d’Adalbert, son inséparable marionnette. Et aussi un peu plus d’interventions de sa grand-mère hongroise.

Dans cette nouvelle version, Laura se livre davantage sur des thèmes qui feront certainement écho auprès de beaucoup de spectateurs, et surtout sur sa volonté de « bien remplir les cases » de gentille fille pour ses parents, de bonne élève à l’école, de bonne amoureuse et future mère de famille. Le tout avec à la fois beaucoup de recul et de maturité et beaucoup de dérision. Et le ravissement d’entendre sa magnifique voix sur des airs d’opéra, de rire à nouveau des travers de la conseillère d’orientation, et de se confronter à quelques heureuses surprises que vous découvrirez en allant la voir.

Si vous passez par Avignon cet été foncez donc au théâtre BO Avignon, tous les jours à midi (sauf le mercredi). En attendant peut-être (en tout cas c’est à souhaiter) de pouvoir la ré-admirer à Paris ou ailleurs en France dans les prochains mois.

Affiche Laura Elko aout (2)

En allant voir le  « one musical show » de Laura Elko, comme souvent en allant au spectacle, je n’avais qu’une idée très vague de ce à quoi je pouvais m’attendre. Je n’avais même pas (et j’avais bien tort) noté qu’il s’agissait d’un seule en scène musical. Et je n’avais jamais entendu parler de Laura Elko, malgré son p’tit molière reçu pour son spectacle en duo, « metropolitan divas ». Je savais juste que j’allais voir une humoriste qui a priori, au vu du titre et du teaser, ne faisait pas l’apologie du jeunisme. Et cela a suffi pour me plaire, cette idée de vocation originale, tellement éloignée des télé-crochets réservés aux moins de 25 ans.

Et justement, c’est le drame que nous narre Laura, celui d’être déjà trop vieille pour réussir. Trop vieille pour être enfant prodige selon la désopilante conseillère d’orientation qu’elle rencontre beaucoup trop tard à 5 ans et demie, trop vieille pour être une pianiste virtuose en commençant les concours à 10 ans, trop vieille pour chanter une chanson d’amour écrite et composée au 18ème siècle à 14 ans (je présente mes excuses pour le côté approximatif et non fidèle des âges que je donne, étant déjà trop vieille pour avoir une mémoire parfaite), elle choisira de suivre la voie de sa grand-mère hongroise pour connaître un succès plus tardif mais mérité en tant que super mamie (comme quoi il n’y a pas de réel frein à l’emploi des séniors, ndlr).

Si la Laura de ce show attend longtemps pour se faire remarquer, la vraie Laura Elko, elle, a déjà un talent totalement incroyable avant même d’avoir son premier cheveu blanc. Son écriture est extrêmement fluide et drôle, elle est une artiste lyrique accomplie capable d’interpréter des airs d’opéra tragiques en vous faisant hurler de rire, elle maîtrise l’accent hongrois aussi bien que l’accent snob et ampoulé des professeurs de chants à l’ancienne mode qu’elle a sans nul doute rencontrées, elle maîtrise la ventriloquie et sait même faire la cuisine. Bref, elle est tellement parfaite qu’on pourrait la détester, mais en même temps tellement sympathique que c’est impossible, surtout après ce grand moment de bonheur qu’elle nous offre tous les jeudis soirs pour encore deux semaines.

Et on peut même lui parler à la sortie, où l’on voit que le talent n’empêche pas l’humilité et la simplicité. Si vous êtes Francilien, venez la découvrir avant le 17 mars, ah non pardon, le 29 juin du coup*, en espérant que ce ne soit qu’un début. Et si vous ne l’êtes pas, suggérez très vite à la salle la plus proche de chez vous de l’appeler pour la faire venir avant que d’autres ne le fassent et que vous manquiez ce moment exceptionnel. Un vrai énorme coup de cœur (oui je sais, j’en ai beaucoup des coups de cœur cette année, traitez-moi de cœur d’artichaut mais surtout allez la voir).

* Nota : suite à ce premier tour d’essai, la demoiselle a été reprogrammée. Je vous remets ici la première affiche, pleine de charme.

laura elko

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