Le dindon

9 Juil

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Si Feydeau a traversé les générations en prouvant le génie et l’atemporalité de ses pièces, s’attaquer à ces monuments est rarement chose aisée, tant cela exige d’énergie et de précision. Le collectif Silencio Please, sous la direction de Philippe Person et Florence Le Corre à la mise en scène, a pourtant relevé le défi. Et ils ont réussi, avec cette adaptation totalement déjantée et géniale, à conserver totalement l’esprit et l’humour de l’illustre auteur, tout en y ajoutant une touche de modernité extraordinaire.

Si l’on doit « résumer » l’intrigue, M. Pontagnac, séducteur notoire, poursuit de ses assiduités Mme Vatelin, sous le charme de laquelle il est tombé en la croisant dans la rue. Son audace le conduit jusque chez la dame, où il tombe naturellement nez à nez avec M. Vatelin, qui s’avère être l’un de ses amis. Celui-ci, tout à fait candide, lui propose amicalement de venir dîner avec son épouse. Naturellement, il tente de faire croire que celle-ci est percluse de rhumatisme. C’est à ce moment précis que la « malade », qui suit son mari qu’elle sait infidèle, débarque. Suivent Rédillon, célibataire lui aussi amoureux de Mme Vatelin attendant de longue date qu’elle cède à ses avances, Maggy, maîtresse de Vatelin connue à Londres et que celui-ci ne pensait jamais voir débarquer à Paris, et Soldignac, le mari de Maggy, souhaitant embaucher Vatelin en tant qu’avoué pour constater l’adultère à venir de sa femme.

D’autres personnages vont bien entendu venir se greffer à tout ce beau monde, à savoir un homonyme de Vatelin et sa femme, la bonne de l’hôtel où tout ce beau monde va tenter de se tromper et/ou de se confondre en flagrant délit, l’hilarant valet / commissaire de police (Eric Julliard) et Armandine, maîtresse de Rédillon. Tout ce joli monde passe son temps à entrer et sortir en enchaînant les quiproquos, les faux fuyants et les tentatives de rapprochement. Et l’on se délecte de ces tromperies et promesses de vengeance, et en particulier de l’excellente prestation du duo Monsieur Pontagnac (Pierre-Louis Paillusseau) – Madame Vatelin (Emmanuelle Cabin Saint Marcel), le tout ponctué d’extraits musicaux qui apportent une touche d’humour supplémentaire, s’il en est besoin.

Cette adaptation géniale tient beaucoup à l’engagement sans réserve et à la dérision de ces 12 comédiens qui semblent s’amuser plus encore que le public. Un vrai petit bijou de drôlerie à ne pas manquer si vous êtes à Paris cet été.

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