La rafle du Vel d’Hiv

6 Sep

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Il peut spontanément et légitimement paraître un peu plombant, à peine passées les vacances d’été, de commencer la saison théâtrale par une pièce qui ne parle pas d’un sujet léger, comme son titre le laisse en effet apparaître. Et pourtant, paradoxalement, je me réjouis d’avoir vu ce spectacle-là pour ma « rentrée théâtrale ». Parce que j’y ai trouvé précisément ce qui fait que je cours les salles tout au long de l’année et que je trouve dans ce loisir ma bulle d’oxygène : j’ai été touchée par les mots de Maurice Rajsfus (l’auteur), par l’engagement de Philippe Ogouz (le comédien) et aussi énormément par l’accompagnement de Paul Predki à l’accordéon.

L’histoire, c’est celle de l’auteur, qui, en 1942 avait 14 ans, était plus enfant qu’adolescent, et vivait une vie de collégien « ordinaire » à Vincennes. Une vie quelque peu modifiée par le port de l’étoile jaune et les regards en coin qu’elle pouvait déclencher, mais qui globalement continuait à rester un garçon insouciant protégé par les jupons de sa mère. Jusqu’à ce fameux 16 juillet 1942 où s’est déroulée cette rafle sans précédent, organisée telle un panier de crabes, sans échappatoire possible pour les 15 000 Juifs qui furent arrêtés en l’espace de moins de 3 jours et conduits dans cet espace très vite confiné et surpeuplé du vélodrome d’Hiver.

A travers l’adaptation des mémoires de Maurice Rasjfus, l’on réalise bien, 75 ans après ce tragique évènement, la violence de ces arrestations, minutieusement préparées pour qu’aucune famille juive ne puisse en réchapper, l’entassement presque inhumain imposé dans cet espace confiné et très vite irrespirable avant d’envoyer les victimes dans les camps. Et puis, au milieu de ça, le geste instinctif des parents de l’auteur de dire à leur fils de partir le plus vite possible lorsque l’annonce disant que les enfants nés en France ont le droit de quitter le Vel d’Hiv, pressentant certainement que toute tergiversation pourrait priver leur fils de cette liberté. La sidération également de découvrir à son retour que certains voisins étaient déjà en train de s’approprier les biens laissés derrière eux….

Philippe Ogouz nous fait partager ces durs instants avec à la fois beaucoup de pudeur et beaucoup d’intelligence. Avec un juste équilibre entre moments de légèreté et moments d’émotion intenses, ce qui fait que l’on ressort remués mais pas ébranlés. Et que les airs yiddish et autres qui rythment ce spectacle restent longtemps en tête. Un très joli moment de théâtre.

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