La Veuve Joyeuse

26 Sep

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Pour la saison 2017/2018, l’Opéra de Paris a eu la brillante idée de vouloir séduire un public nouveau, et a mis en place des soirées spéciales pour les « jeunes de moins de 40 ans », avec un tarif spécial de -40%. Vous imaginez sans peine qu’après avoir perdu successivement mes réductions étudiantes, puis carte 12-25 puis moins de 30 ans, puis l’accès aux quelques rares évènements pour les moins de 35 ans, le simple fait d’être à nouveau considérée comme jeune m’a ravie comme rarement. Le prix du billet aussi je ne le nierai pas. C’est donc avec déjà un grand sourire aux lèvres que j’ai pris place dans la très grande salle de l’Opéra Bastille, qui offre l’immense avantage, par rapport à nombre de salles d’opéra ou de concert, de permettre au public de voir la scène correctement même du haut du 2ème balcon.

Et il aurait été réellement dommage de ne pas voir convenablement cette scène au décor exceptionnel, avec une imitation de parquet magnifique qui à elle seule donnait envie de s’installer dans l’ambassade parisienne du Pontévédro pour ne plus en repartir. L’opérette de Franz Lehar prend place en effet dans ce très joli cadre, vers les années 1920, où la très riche veuve Hanna Glawari (sublime Véronique Gens) se voit courtiser par tout ce que Paris compte de gentlemen, plus encore pour ses millions que pour sa conversation ne manquant pourtant pas d’à-propos et pour sa beauté loin d’être fanée.

Souhaitant que « la fortune reste au pays », l’ambassadeur va prier, ou plutôt supplier le comte Danilo Danilowitsch (sensationnel Thomas Hampson) de faire sa cour. Or celui-ci n’est autre que son amour de jeunesse qui n’a pas eu le droit de l’épouser, et son orgueil encore blessé va se consoler dans les bras des grisettes de Paris. Son caractère d’ours tendre et bourru va le faire avancer à reculons (mais comme le disait si bien La Fontaine, rien ne sert de courir) dans la conquête de celle qu’il a toujours aimée. Pendant ce temps-là, d’autres intrigues se jouent en coulisses, notamment entre le sémillant Camille de Rosillon et Valencienne, la femme de l’ambassadeur, qui aime à l’entendre roucouler à son oreille tout en cherchant à préserver son honneur. Naturellement, d’autres personnages aussi hauts en couleurs que le décor, et tout particulièrement les danseuses de french cancan, viennent ajouter à la fraîcheur et à la bonne humeur de cette belle opérette.

Durant toute la soirée, je dois dire que la magie n’a jamais cessé d’opérer pour atteindre son apogée après l’entracte. L’intrigue comporte juste ce qu’il faut de quiproquos, disputes et réconciliations, la musique est rythmée et enlevée et les chœurs apportent énormément de jovialité (avec un « coup de chœur » personnel pour « ach die weiber ») de même que les superbes chorégraphies. En tant que néophyte, j’ai passé une soirée absolument parfaite, avec du rire, de l’émotion et énormément d’émerveillement. Un instant (enfin  un instant de 2 heures tout de même), je me suis retrouvée avec les yeux brillants comme une enfant devant les vitrines des grands magasins à Noël. L’Opéra de Paris a bien raison, à moins de 40 ans, on est toujours vraiment jeune…

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