Faisons un rêve

27 Sep

faisons un têve

 

Malgré sa misogynie plus qu’avérée, qui déclencherait certainement les foudres de nombreuses associations aujourd’hui, je dois confesser, et je crois l’avoir déjà fait ici ou ailleurs, que j’apprécie particulièrement l’humour, l’insolence et l’impertinence de Sacha Guitry. Je dois également faire figurer au rang des aveux mon admiration pour Nicolas Briançon (même si sa boulimie des planches et des plateaux de tournage lui joue parfois des tours en l’essoufflant finalement un peu trop). Aussi, la réunion de ces deux hommes sur la scène du Théâtre de la Madeleine ne m’a-t-elle pas laissée indifférente. Et telle une jouvencelle en quête de frissons comme aime tant les dépeindre le grand Sacha, je me suis rendue avec enthousiasme dans ce très joli quartier de Paris, offrant un point de vue fantastique sur la Concorde et le dôme des Invalides depuis le parvis de la très impressionnante église de la Madeleine (oui, je suis d’humeur à jouer les guides touristiques au détour de ce billet).

Comme très souvent avec Guitry, l’intrigue tourne autour de maris cocus et de femmes trompées. Un couple se rend chez un ami avocat disant avoir une information de la plus haute importance à leur révéler, mais leur hôte semble inexorablement en retard. Le mari (Eric Laugerias) trépigne puisqu’il a rendez-vous avec sa maîtresse quelques minutes plus tard et invente donc un prétexte dont sa femme n’est pas dupe – mais qu’elle accepte quand même de faire semblant de croire tout en lui signifiant qu’elle n’est pas si candide – pour pouvoir s’éclipser. Dès qu’elle se retrouve seule, l’avocat (Nicolas Briançon) qui était là depuis le départ paraît et lui fait sa cour, jusqu’à la convaincre de venir le rejoindre le soir même pendant que le mari sera « au théâtre avec son ami sud-américain ».

Nous vivons ensuite la langueur de l’attente de cet avocat, éternel célibataire et fier de l’être pour pouvoir mieux faire succomber les femmes séduisantes et délaissées, jusqu’au moment où, alors qu’il pense que le remords a eu raison de son rendez-vous, la pétillante épouse se présente devant lui. Le charme opère si bien qu’ils finissent par s’endormir et ne se réveiller qu’au petit matin à cause du bruit fait par le valet en plein ouvrage (interprété par le – presque trop – déjanté Michel Dussarat). Découvrant avoir découché sans préméditation, cette femme plus attachée à son honneur qu’à son mari va naturellement être saisie de panique. Mais heureusement, chaque problème finit toujours par se résoudre, et celui-ci trouvera une issue inattendue et fort plaisante.

Avec un ton léger, cette pièce est réellement un joli moment d’évasion, et se tient dans un décor d’intérieur bourgeois parfaitement réalisé. Marie-Julie Baup est étonnante en femme à la fois fragile et affirmée, fragile et sensuelle, avec une capacité rare à jongler entre ces différentes facettes et émotions, et ses partenaires rivalisent d’humour et d’ingéniosité, l’un pour lui fausser compagnie, l’autre pour se rapprocher d’elle. Un cadre parfait pour rêver un peu, le temps d’un début de soirée.

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