La main de Leïla

16 Oct

LEILA-TDBP-WEB

 

Si l’on parle souvent de l’Algérie en France du fait des évènements d’avant 1962, il est plus rare qu’y soit abordée l’histoire plus récente de ce peuple. Aïda Asgharzadeh et Kamel Isker ont justement choisi de raconter cette Algérie que l’on ne connaît pas assez, celle de 1987-1988, juste avant les émeutes d’octobre 1988, qui aboutiront à la conduite d’élections libres et à la fin du monopole politique du FLN.

Dans une société plus que conservatrice, le jeune Samir (interprété par le très talentueux Kamel Isker, que j’avais déjà trouvé fabuleux en Scapin) a ouvert un cinéma clandestin, le Haram Cinéma, où il projette une fois par semaine – uniquement pour les hommes – les grands classiques du cinéma français et hollywoodien dans leur version non censurée.

La vie de Samir va changer radicalement le jour où Leïla (Aïda Asgharzadeh), la fille du célèbre colonel Bensaada, s’introduit clandestinement déguisée en homme pour regarder Casablanca.  La séance est malheureusement écourtée du fait de l’approche de la police mais la jeune femme insiste, une fois l’agent parti bredouille, pour connaître la fin. C’est là que « par accident », Samir tire sur sa capuche, dévoilant son identité.

Ces deux jeunes pleins d’espoirs et d’idéaux vont s’aimer clandestinement, le jeune homme rejoignant sa belle chaque soir sur sa terrasse avant de rejoindre sa grand-mère à la personnalité bien trempée sur laquelle il veille. Ensemble, ils se prennent à rêver d’avenir. Samit souhaiterait fuir le pays et qu’elle le suive, elle tient à son pays et ne se sent pas capable d’affronter l’autorité paternelle.

Pendant ce temps, les pénuries d’eau et les restrictions alimentaires se multiplient et la colère commence à gronder dans le milieu estudiantin. Le propre fils du général Bensaada (et frère de Leïla) se joint aux futurs émeutiers. Au milieu de cela, Samir réussit à décrocher un poste de chef de gare, et décide de faire sa demande au père de Leïla, espérant que cette stabilité professionnelle suffira à le fléchir. Mais hélas, le colonel a d’autres (plus hautes) ambitions pour sa fille, laquelle se sent contrainte d’obéir à la volonté du père.

La pièce réussit à nous plonger totalement dans l’effervescence de cette société algérienne de la fin des années 80, écrasée par le poids des traditions et du régime militaire, et cherchant à se réinventer. Les 3 comédiens interprètent tous brillamment plusieurs rôles, arrivant à changer de costume comme de personnalité en quelques secondes, avec un talent comique particulier d’Azize Kabouche en colonel – grand-mère – policier. Il y a également beaucoup d’inventivité dans les accessoires servant au décor, que ce soit pour figurer la salle de bains, le cinéma ou encore le métro. L’intrigue est tour à tour drôle, touchante et un peu angoissante, et tient le public en haleine du début au dénouement. Une pièce pleine de poésie et d’émotions qui fait du bien.

Plus d’infos :

 

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Une Réponse to “La main de Leïla”

  1. Cat 16 octobre 2017 à 22:34 #

    Le thème m’intéresse. Je note.

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