12 hommes en colère

30 Oct

 

Laurencine Lot 2

                                                 Crédits photo : Laurencine Lot

 

 

Soixante ans après sa sortie au cinéma avec Henry Fonda dans le rôle-titre, le théâtre Hébertot accueille l’adaptation de cette pièce culte écrite par Reginald Rose et portée à l’écran par Sidney Lumet. 12 hommes sont donc réunis pour délibérer suite au procès d’un jeune de 16 ans accusé d’avoir tué son père. Les preuves paraissent accablantes : un voisin affirme avoir entendu le père et le fils se disputer avant que le père ne tombe au sol et vu le fils dévaler l’escalier quelques secondes plus tard, l’arme du crime, un couteau à cran d’arrêt correspond à celui acheté par l’accusé le jour-même, et enfin un témoin oculaire a témoigné d’avoir vu le fils poignarder son père depuis le métro qui passait devant leur appartement.

L’affaire paraît pliée d’avance au président du jury qui lance donc un premier vote à main levée. Tous lèvent le doigt pour attester de la culpabilité du jeune homme. Tous sauf un (toute ressemblance avec la description d’un village gaulois dans une célèbre bande dessinée est purement fortuite). Le juré numéro 8, qui affirme vouloir débattre, estimant avoir des raisons de douter de ce verdict apparemment simple. Déroulant son argumentation, il va capter l’attention des autres. Et commencer par faire pencher l’un des onze autres du côté de ce « doute raisonnable ». Lequel va à son tour apporter des éléments contribuant à en faire hésiter un troisième.

La mécanique est lancée, et, petit à petit, ces hommes vont examiner l’affaire sous un autre angle, chacun apportant un élément nouveau pouvant bénéficier à l’accusé et peut-être le sauver de la chaise électrique. Bien entendu, les accusateurs les plus virulents ne manquent pas de s’emporter et de tenter de stopper « l’hémorragie » de clémence envers ce jeune violenté depuis son plus jeune âge et devenu de ce fait un dur à cuire. Mais leurs résistances faiblissent progressivement, à mesure que le nombre de votes « non coupable » s’accroît.

Au-delà du résultat final, plus ou moins connu d’avance, l’intérêt de cette pièce à la mécanique implacable, qui bénéficie d’une écriture et d’un sens de l’observation hors pair de l’auteur, réside dans la place laissée à l’argumentation et à la logique… mais aussi au pouvoir de persuasion de cet homme que rien ne distingue en apparence de ses co-jurés. Usant tout autant d’humilité que de subtilité et de conviction, il réussit l’exploit de donner lieu en coulisses lors de la délibération le procès équitable dont cet adolescent défavorisé ne semble pas avoir bénéficié en salle d’audience. Les douze comédiens sont tous remarquables de justesse dans l’incarnation de leurs personnages et dans l’écoute qu’ils ont les uns des autres, formant un ensemble aussi cohérent que leur verdict sera unanime à l’issue de ce débat magistral.

 
Plus d’infos :

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :