Le garçon du dernier rang

26 Mar

GDDR

 

Pour la première fois il me semble en près de 10 ans à écumer les spectacles de théâtre, j’ai fait un choix de spectacle en fonction du metteur en scène. J’avais eu en effet d’admirer la magnifique adaptation de Lulu par Paul Desveaux en début d’année. Et en voyant qu’il avait orchestré le garçon du dernier rang, j’ai eu envie de continuer à découvrir son travail.

La pièce s’ouvre donc sur un professeur de français, André, confortablement installé chez lui dans son fauteuil-club en train de corriger les copies de ses élèves, auxquels il avait demandé de raconter leur week-end. Copies qui l’amènent à pester auprès de sa femme, tant elles lui paraissent médiocres, tant sur la forme que sur le fond.  Jusqu’à ce qu’il en vienne à découvrir la dissertation de Tom. L’adolescent y raconte qu’il est fasciné par la famille d’un de ses camarades, au point de l’avoir épiée tout l’été depuis le parc municipal donnant sur leur terrasse. Et qu’il a enfin eu l’occasion d’en franchir le seuil ce fameux week-end, pour aider son camarade en maths pendant que lui l’aiderait en philosophie.

Convaincu par sa femme de parler à Tom pour lui reprocher le côté voyeuriste et légèrement condescendant avec lequel il décrit cette famille « de la classe moyenne » dont la « normalité « est la cause de sa curiosité, André va finalement laisser l’adolescent mener le jeu, avide qu’il est à chaque bout de récit supplémentaire d’en découvrir la suite.

La pièce se joue ainsi sur deux espaces. Avec en fond de scène cet appartement reconstitué, où l’on voit évoluer Rapha (Raphaël Vachoux, aussi bon guitariste que comédien), son père également appelé Rapha (Frédéric Landenberg), tous deux fans de basket, et la mère, Esther (très charismatique Alexandra Tiedemann), femme au foyer désormais désœuvrée, obsédée par la décoration et la rénovation de l’appartement. Et en avant-scène le « coin d’André (excellent Sam Karmann, loin du rôle télévisuel l’ayant fait connaître) », où se succèdent sa femme Jeanne (Céline Bodis), à la recherche d’une idée pour sauver la galerie d’art où elle travaille de la faillite à la suite de décès du propriétaire, et Tom (intrigant Martin Karmann).

En tant que spectateur, on se laisse totalement entraîner dans les intrigues croisées entre ces deux espaces, dont ce jeune lycéen ayant le sens de la littérature et du suspense est le dénominateur commun. Et, par sa quête de l’inattendu, il va progressivement bouleverser les équilibres de l’ensemble des protagonistes. Avec une fin inattendue, où l’on comprend rétrospectivement différemment ce que l’on croyait être les nœuds et les clés de ce récit haletant. Une vraie réussite, tant pour l’histoire que pour l’interprétation.

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