Roméo et Juliette

21 Avr

RJ

 

Après l’expérience très réussie de la veuve joyeuse en septembre et plus mitigée mais néanmoins inoubliable dans l’écrin impressionnant de Cosi fan Tutte en octobre dernier, j’ai une nouvelle fois pu profiter des soirées moins de 40 ans, moins 40% cette semaine avec le ballet Roméo et Juliette à l’Opéra Bastille. Composé par Berlioz en 1838, cette œuvre surprend déjà par sa forme : en effet, les chœurs sont nombreux sur scène (sur un livret d’Emile Deschamps) et le final fait presque penser à celui d’un opéra, Berlioz ayant toutefois prévu qu’il n’y ait pas de mise en scène spécifique à ce genre sur cette dernière scène.

Venons-en maintenant au principal qui est l’interprétation de cette tragédie mythique, immortalisée par William Shakespeare (qui, pour l’anecdote, s’est lui-même inspiré d’un conte italien). Sacha Waltz, brillante chorégraphe allemande, a créé ce ballet il y a 10 ans pour l’Opéra de Paris. Elle a su y développer un univers visuellement extrêmement moderne, sur un plateau atypique en deux grands rectangles posés l’un sur l’autre de façon asymétrique, celui du dessus se dépliant au fil de l’avancée de l’intrigue.

Et pour poursuivre dans le binarisme, les danseurs sont habillés soit en noir, soit en blanc. Ainsi, l’on peut avoir l’impression que cette opposition des deux familles se déroule sous nos yeux telle une partie d’échecs, dans laquelle chacun cherche à marquer son terrain et rester sur le plateau. Cette approche, et la symphonie de Berlioz elle-même, donnent un nouvel éclairage à la tragédie : ici, il n’est point question de chercher à retrouver de façon fidèle l’histoire brillamment construite par William Shakespeare, mais plutôt de se laisser porter par le sensible et l’émotion.

Les différentes chorégraphies mêlent la sensualité, l’humour avec notamment un numéro de danse évoquant volontairement des gallinacés, la gravité ou le romantisme. Exécutées avec une maîtrise parfaite et sublimés par une musique et des chœurs sublimes, elles réinterrogent intelligemment ce mythe marqué à la fois par le déterminisme et la volonté inébranlable que peut donner l’amour, jusqu’à accepter la mort auquel il peut conduire.  Un moment suspendu à l’image du décor.

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