Un Riche, Trois Pauvres

24 Avr

 

un riche

 

Si vous recherchez un spectacle avec une histoire bien structurée, des sentiments nobles et un happy end à la Hollywood, il est fort probable qu’Un Riche, Trois Pauvres ne comble pas vos espérances (et il y a assez d’autres chouettes pièces pour trouver votre bonheur). En revanche, si vous aimez être surpris, si vous avez envie de voir réellement ce qu’est l’humour noir et que vous appréciez l’absurde et le bazar apparent (en réalité organisé), il vous faut immédiatement réserver votre soirée pour découvrir cette création de la Compagnie Indigo.  

Ce spectacle a été créé à partir des textes de Louis Calaferte, dont j’avoue humblement que je connaissais tout juste le nom il y a quelques jours, mais qui à travers ses nombreux écrits semble s’être distingué par un ton à la fois corrosif et provocateur. Et l’on imagine volontiers que ses écrits, tant sur la forme que sur le fond, ont dû marquer les esprits lors de leur publication – entre les années 1950 e 1980. Aujourd’hui encore, où beaucoup se targuent d’être maîtres dans l’art de la transgression, ces séquences choisies pour « un riche, trois pauvres » ont une résonance bien supérieure à celle de nos « provocateurs contemporains ». Sans doute parce qu’elles sont plus sobres sur la forme avec plus de profondeur et/ou de crudité sur le fond.

Evidemment, ce mélange d’absurde, de répliques crue(lle)s et d’humour est clivant. Pour ma part, je l’ai trouvé assez jubilatoire. Les comédiens sont pleinement investis pour faire ressortir le mordant des mots et des propos. Passant de la robe en ballons ou du short bas résilles à la robe de soirée pour les femmes, du jeans baskets au costard pour les hommes, ils nous entraînent dans un tourbillon de micro-scènes du quotidien poussées à l’extrême et totalement jubilatoires.

Les situations s’enchaînent, traitant du désespoir des gens qui veulent communiquer mais que personne ne remarque, de la séduction, des apparences, des relations parents-enfants, de nos instincts morbides et logiquement en lien avec le titre du clivage entre très riches et très pauvres. Dans un décor volontairement en désordre, la mise en scène de Clio Van de Walle figure bien ce côté « en chantier » des travers de l’être humain qui sont montrés. Seul bémol, certaines scènes sont vraiment trop brèves et l’on aurait aimé qu’elles prennent plus de place. Pour le reste, on se régale à rire noir sans complexes, dans cet univers où l’on a l’impression que Ionesco rencontre Gregg Araki. Garanti sans effets secondaires.

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