L’idiot

4 Juin

L'Idiot

 

Ayant adoré l’adaptation du portrait de Dorian Gray par Thomas Le Douarec, c’est sans hésitation aucune que j’ai resigné pour la nouvelle création de ce comédien-metteur en scène, à savoir l’adaptation de l’Idiot de Dostoïevski. Alors même que, pour être entièrement franche, je ne suis pas totalement en bons termes avec la littérature russe en général, et avec Dostoïevski en particulier. Heureusement, le théâtre a cela de très pratique qu’il peut permettre de découvrir des heures sans avoir à s’accrocher plusieurs semaines durant au texte qui y est habilement résumé, condensé et traduit au goût du jour, dans une mise en scène qui le rend plus vivant que mon imaginaire lors de la laborieuse lecture d’un très célèbre roman de l’auteur qui nous occupe.

L’histoire du candide prince Mychkine, qui occupe ainsi normalement plus de 900 pages en petits caractères, nous est ici livrée en 2h40, ce qui est en soi une sacrée performance. Ce jeune homme, ayant plus ou moins grandi en sanatorium en Suisse pour se soigner de ses crises d’idiotie, retourne dans sa Russie natale avec un baluchon comme seul bien, pensant s’intégrer sans mal dans cette haute société qui lui est étrangère. A son arrivée, il se rend tout naturellement chez le général Epantchine, dont l’épouse est l’une de ses parentes, qui, à défaut de lui offrir l’hospitalité, lui proposera un poste et le fera loger chez son secrétaire Yvolguine.

C’est lors de cette visite qu’il découvrira le portrait de Nastassia Filipovna, dont il avait déjà entendu parler dans le train par le très sanguin Rogojine. Cette femme à la beauté fatale fait tourner bien des têtes. S’apprêtant à se fiancer à Yvolguine suite aux manigances d’Epantchine qui veut en faire sa maîtresse, elle a également fait succomber Rogojine au premier regard. Nastassia va jouer de cette situation sans en tirer pleinement satisfaction. Elle va trouver en le prince Mychkine un nouveau prétendant qui saura la toucher par sa candeur teintée de vérités que personne sauf un idiot tel que lui n’oserait dire. Ce trait de caractère va bouleverser les équilibres auprès de toutes les personnes qu’il croisera. Il fera en particulier succomber Aglaé, la plus jeune fille du général Epantchine, créant un nouveau triangle amoureux.

Plus que les imbroglios entre les personnages, c’est la force de caractère de cet homme prétendument faible et doté de peu d’intelligence qui constitue le véritable pivot de cette brillante satire sociale. Arnaud Denis campe un Mychkine exceptionnel et tout en subtilité et Gilles Nicoleau un Rogojine d’un charisme marquant. Les personnages féminins sont hélas moins mis en valeur par la mise en scène, forçant le trait du larmoyant malgré les tentatives des comédiennes pour leur donner plus de subtilité. Ce petit bémol n’empêche pas de passer une excellente soirée, aussi réjouissante et chatoyante que les superbes costumes conçus par José Gomez.

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